segunda-feira, 28 de novembro de 2011

L'Espagne à l'heure du désenchantement


Coincés entre plans de licenciements et mesures d'austérité, les Espagnols subissent la crise de plein fouet. À quelques jours des élections législatives, les sondages penchent sérieusement à droite.
Salaires trop bas, réduction de personnel, suppression d'aides… La rue espagnole a vu défiler des milliers de manifestants en réponse aux mesures d'austérité conçues pour faire face à la dette. « On peut parler d'une attaque systématique envers les acquis des classes populaires, comme l'accès publique à l' éducation et à la santé, affirme Antonio, professeur à Valencia. Dans nos établissements, des postes disparaissent, parfois il n'y a pas de remplaçants pendant les congés maladies. » Écoles secondaires et hôpitaux ont été les premières victimes de ce qui est connu comme « El Tijeretazo », le coup de ciseaux des administrations des Communautés autonomes (régions). Gérées pour la plupart par le Parti populaire (PP) – de droite – après son écrasante victoire aux élections régionales du 22 mai, les régions ont entamé une politique d'austérité visant à économiser jusqu'à 10 % du budget selon les endroits. À Madrid, on a augmenté de deux heures par semaine l'emploi du temps des professeurs, afin de permettre le licenciement de 1 000 profs non titulaires ; en Catalogne, la Generalitat (gouvernée par le CiU, groupe nationaliste conservateur) opère une réduction budgétaire d'un milliard d'euros dans le secteur de la santé : on demande aux professionnels de renoncer à une partie de leur paie de Noël, et les hôpitaux devront fermer leurs portes pendant cinq jours d'ici à la fin de l'année, grossissant les listes d'attente pour les examens et les blocs opératoires…

Rigueur extrême

Chacune de ces mesures a suscité de fortes réactions de la part des professionnels concernés. « Les écoles publiques manquent de personnel, alors que les administrations subventionnent les écoles semi-privées, elles sont financées à 90 % par l'État mais sont souvent gérées par l'Église », dénonce Javier, 37 ans, professeur à Barcelone. « Nous sentons une évidente intention de privatiser la santé et l'éducation de la part de ceux qui savent qu'ils vont gouverner à partir du 20 novembre », ajoute-t-il, faisant référence au succès attendu du PP.
Victime de la fin de l'époque dorée de la construction (appelée « el ladrillo » ou l'économie « de la brique ») et de l'explosion de la bulle immobilière, l'économie espagnole peine à se relever. L'une des premières mesures impopulaires fut imposée par l'État, lorsque José Luis Zapatero a annoncé en mai 2010 une réduction moyenne de 5 % sur les salaires de tous les fonctionnaires. Mais cela n'a pas été le seul coup de rabot, des retards et des gels sont à l'ordre du jour : « J'ai un contrat pour les nuits de garde, mais cela fait quatre mois que je ne touche pas le salaire de mon contrat régulier – qui dépend du ministère de la Santé – parce que le financement n'est pas débloqué », explique Marta, 29 ans, neurologue. La recherche scientifique n'a pas non plus fait partie des priorités de l'État : « Nous avons subi une nette réduction des bourses et fonds attribués aux projets, regrette José Antonio, biologiste fonctionnel et ancien maître de conférences. Des unités de recherche sont en train de disparaître, nous parlons de groupes de prestige, qui publient depuis vingt ans des articles dans des revues scientifiques renommées. » Et d'ajouter que sa retraite est « une chance » en comparaison du sort de ses jeunes collègues : « Avant ils se contentaient de contrats précaires, maintenant ils n'en ont même plus. »
Fermeture des petits commerces, chantiers à l'arrêt, galères dans la restauration… Difficile de trouver un secteur d'activité qui ne tremble pas. De leur côté, les grandes entreprises effectuent des plans sociaux douloureux. L'expérience de Rafaël, salarié d'une grande entreprise de transports, illustre bien ce phénomène. Après une première vague de 800 licenciements, son employeur a entrepris cinq plans sociaux au cours des deux dernières années. Il est lui-même concerné : son salaire va être réduit de 30 % et la moitié de celui-ci sera dorénavant payée par les allocations chômage. « C'est paradoxal, je travaille mais je suis en fin de droits. Si on me licencie, je ne toucherai rien, explique-t-il. C'est le cas des trente collègues qui ont été congédiés la semaine dernière. Ils n'ont droit à aucune indemnisation, ni de l'entreprise ni de l'État. »
À la suite d'une réorganisation dans la chaîne de montage, annoncée et appliquée du jour au lendemain, ces salariés ont été accusés de faute grave, et partiront les poches vides.

L'exil, la solution ?

Au pays où le taux de chômage des moins de 30 ans atteint 45 %, où le salaire le plus courant est de 1 230 € brut par mois et le salaire minimum de 640 €, la balance migratoire a fini par basculer. En octobre, les chiffres sont tombés [1] : pour la première fois depuis des décennies, l'Espagne est en déficit migratoire et totalise 580 000 départs en 2011, essentiellement de jeunes adultes, un chiffre supérieur à celui des arrivées. De quoi accentuer la diminution de la population, déjà amorcée par le faible taux de natalité.
« Mes collègues qui ont fini leur résidence médicale peinent à trouver un poste de spécialiste ici, alors qu'en Angleterre ou en Allemagne ils seront ravis de les avoir, explique Marta. Pour l'instant, les gens sont plutôt attachés au pays, mais il est probable qu'un grand exode se produise. » La fuite des cerveaux concerne également le secteur privé. Ainoa, 28 ans, ingénieure chimique et docteure, fait face elle aussi à l'immobilisme du marché du travail comme nombre de ses collègues « C'est tout de même dommage que les contribuables espagnols aient payé mes neuf ans d'études et qu'au final ce soit autre pays qui en récolte les fruits », regrette-elle.
Le prix moyen d'un loyer, 692 € par mois selon l'Institut national des statistiques (Institudo national de Estadistica), montre le déséquilibre auquel font face les jeunes qui cherchent à s'émanciper. Si la génération précédente avait réussi à accéder à la propriété au travers d'emprunts abordables, aidée par des politiques fortement incitatrices à l'achat, cette génération- ci n'y pense même pas. Assurer un loyer est déjà compliqué. « Lorsque je vois mes neveux, pourtant diplômés, enchaîner périodes de chômage et contrats “poubelle”, entre 600 et 1 000 euros, pour un loyer de 400 euros minimum, je leur dis d'être patients, confie Antonio. Mais au fond de moi, je pense qu'ils devraient se soulever ! »
Certains rejettent la faute sur une culture traditionnellement tournée vers la propriété, « Malheureusement, on a tendance à concevoir la location comme un business. Le prix des loyers devrait être régulé », analyse Carlos, musicien, professeur à temps partiel et proche du collectif du 15 mai. Ce mouvement des indignés a fait de l'accès au logement l'une de ses revendications les plus visibles, il a dénoncé les privilèges bancaires et mobilisé une bonne partie de la population aux côtés de la Plateforme de victimes des emprunts (PAH). Plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre les dérapages du marché immobilier. L'accent est mis sur la situation des personnes qui doivent continuer à payer de forts intérêts sur leurs emprunts, parfois à vie, alors qu'elles ont déjà été expulsées de l'immeuble. L'une des mesures phare proposée par ce collectif est la « dation en paiement », qui garantit le solde de la dette, une fois que l'acheteur a rendu sa maison.

Virage à Droite

Inquiétude et désespoir marquent les esprits face à une classe politique à qui on reproche d'avoir trahi les citoyens. « La classe politique s'est fait l'alliée des intérêts privés, conduisant à une situation d'injustice pour les faibles », affirme Alfons Cervera, écrivain [2]. Tous les sondages donnent le PP victorieux. Le désenchantement des citoyens vis-à-vis du Parti socialiste (PSOE), un taux d'abstention présumé élevé (le fameux « tous pareils »), et le succès du PP aux régionales en seraient les symptômes. Néanmoins, on prédit aussi une augmentation des voix pour de petites formations, auparavant écrasées par le bipartisme.
Conscient des difficultés, Alfredo Pérez Rubalcaba, le candidat du PSOE, essaie de regagner l'électorat : l'ISF, abandonné en 2008, a été réinstauré pour taxer les patrimoines supérieurs à un million d'euros. Le candidat socialiste promet aussi un impôt sur les bénéfices des banques, se démarque des restrictions budgétaires de Zapatero, assure qu'il ne touchera ni à la santé ni à l'éducation, et écoute même les consignes des indignés (jusque-là seulement approchés par Izquierda Unida). En revanche, les propositions du PP sont plus difficiles à connaître. Sûr de son succès, Rajoy n'a pas tenu à dévoiler son programme à la convention de Malaga du 7 octobre, normalement prévue à cet effet. Seules promesses pour l'instant : un retour à l'ancienne loi de l'interruption volontaire de grossesse (la nouvelle loi, approuvée en 2009 par le PSOE, dépénalise l'IVG jusqu'à la quatorzième semaine), une possible révision du mariage homosexuel (un recours a déjà été présenté au tribunal constitutionnel), des incitations à l'emprunt immobilier, et la fin de l'ISF en 2013. Quant au maintien des coupures budgétaires, « cela dépendra de la conjoncture économique », répond-il.
Pour certains citoyens comme Alfons Cervera, la crise a prouvé que c'est l'argent qui gouverne. D'autres, comme Carlos, regardent le futur avec mélancolie : « Je suis triste en constatant que cette classe politique a fait de nous la première génération qui construit pour ses enfants un monde pire que celui dont nous avons hérité. »

[1] Zapatero avait promis en 2007 de faire passer le salaire minimum à 800 € en 2011.
[2] Il vient de publier une enquête sur le récent cas de corruption politique de la communauté de Valencienne. Gürtel & Company. Unaserievalenciana, d'Alfons Cervera, éd. El viejo topo, 224 p., 16 €.

quinta-feira, 24 de novembro de 2011

Le fil « rouge » de l'histoire

Chris Harman observe le monde, depuis la préhistoire jusqu'à la fin du xxe siècle, avec des lunettes marxistes. C'est le prisme qu'il a choisi pour dérouler une Histoire populaire de l'humanité. Une somme pour aiguiser son esprit critique.
De tout temps, les êtres humains ont été cupides, compétitifs et agressifs. Pour toujours, le capitalisme qui a pris possession de la planète restera indépassable. Ce sont ces évidences qui n'en sont pas, les « de tout temps » et les « pour toujours », auxquelles Chris Harman tord le cou dans son Histoire populaire de l'humanité dont la traduction en français vient de paraître aux éditions La Découverte. Une histoire polycentrique au sein de laquelle l'Asie, l'Afrique, l'Amérique, l'Europe sont traitées « à parts égales », comme le revendique un autre livre paru au Seuil, en octobre également. Une histoire longue qui observe le monde, depuis la préhistoire jusqu'à la fin du xxe siècle, avec des lunettes marxistes. C'est le fil « rouge » qu'a choisi l'auteur pour défricher ce vaste chantier et en faire émerger un livre qui aura nécessité un immense travail de recherche. Au final, l'objet ressemble moins à un essai qui se lirait d'une traite qu'à une somme dans laquelle le lecteur peut venir puiser au gré de ses envies et de ses centres d'intérêts. Pour autant, on n'est point ici devant une juxtaposition d'événements sans lien entre eux, à l'image de l'historiographie traditionnelle qui dresse l'inventaire des prouesses des « grands hommes ». Mais ce n'est pas non plus une histoire « par en bas », du point de vue des simples participants, que propose ici Chris Harman. Par-delà le rôle des individus et des idées qu'ils propagent, chaque séquence s'inscrit au contraire dans un schéma général qui repose sur des soubassements matériels : « Le squelette n'est pas le corps vivant. Mais sans le squelette, le corps n'aurait aucune solidité et ne pourrait survivre. »

Naissance des classes

Contre la croyance dans le caractère naturel, propre au comportement humain, de l'inégalité et de l'oppression, partagée par Desmond Morris, Robert Ardrey ou Richard Dawkins, cet ouvrage s'attache à montrer que la division en classes est le produit d'une histoire. Nulle compétition, nulle domination masculine, nulle obsession de la propriété privée dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs. La vision de bandes de « sauvages » se livrant des batailles sanglantes pour assurer leur survie n'est pas corroborée par la recherche scientifique. « C'est en étudiant ces sociétés que des anthropologues comme Richard Lee ont pu tirer des conclusions sur ce que fut la vie de l'ensemble de notre espèce pendant au moins 90 % de son histoire », rappelle Chris Harman. Sur tous les continents, l'obtention de moyens d'existence reposait sur la collaboration, l'entraide, un principe de réciprocité généralisée. « Il n'y avait pas de dirigeants, de patrons ou de divisions en classes dans ces sociétés », affirme l'auteur. L'égalitarisme et l'altruisme étaient poussés par la nécessité, la survie de chacun dépendant de celle du groupe. « La division en classes, l'établissement d'appareils d'État permanents reposant sur des bureaucrates salariés à plein temps et des corps d'hommes armés, la subordination des femmes » n'ont donc pas toujours existé. Comment, dès lors, « expliquer que des hommes qui n'avaient jamais manifesté de velléité de domination deviennent soudain des oppresseurs ? Et comment comprendre la soumission, tout aussi nouvelle, d'un groupe d'individus » ?
L'émergence des sociétés de classes remonte à la révolution urbaine, il y a environ dix mille ans. Dans la lignée de Marx et Engels, Harman estime que ce changement procède de fondements matériels. D'où l'insistance de l'auteur à décrire l'évolution des techniques agraires et autres moyens de subsistance. « La division en classes était le revers de la médaille de l'introduction de méthodes de production dégageant un excédent. » Ainsi, le labourage à la charrue « encouragea un approfondissement de la division sexuelle du travail », le creusement et la maintenance de canaux d'irrigation de canaux ordinaires « introduisit une division entre ceux qui supervisaient le travail et ceux qui l'exécutaient », le stockage des denrées fit émerger des responsables de la gestion et de la surveillance. Pour l'essentiel, outre que le surplus de production découlant de ces améliorations permit à certains de se libérer des travaux agricoles, il favorisa aussi l'apparition d'une minorité privilégiée vivant du travail des autres. Chris Harman redéfinit au passage la place de l'Afrique dans ce processus, mettant en cause un préjugé qui consiste à y voir un continent arriéré, inapte à entrer dans l'histoire et à regarder vers l'avenir. En 1965, l'historien de droite Hugh Trevor-Roper écrivait : « Il n'y a en Afrique que l'histoire des Européens. Le reste n'est que ténèbres. » Plus récemment, en 2007, Nicolas Sarkozy a prétendu lors du discours de Dakar que « l'homme africain » n'était « pas assez entré dans l'Histoire ». « Pourtant tous les processus qui concoururent à l'apparition de la civilisation en Eurasie et dans les Amériques se développèrent de la même façon en Afrique, et ce à plusieurs reprises », affirme l'auteur. Mais les méfaits de la mouche tsé-tsé, comme le problème des vents dominants contraires, ont constitué des freins importants : « L'obstacle au développement de ces sociétés n'était pas insurmontable (…) mais elles se retrouvèrent dans une position de faiblesse lorsqu'elles furent finalement confrontées à des visiteurs rapaces venus des anciennes régions arriérées d'Europe occidentale. »

Vers La Fin du capitalisme  ?

L'« histoire populaire » que dessine cet ouvrage se nourrit à la source des soulèvements qui agitèrent toutes les sociétés, depuis les premiers empires chinois, les cités grecques, la civilisation romaine, l'essor du christianisme et les empires islamiques. Ces émeutes, révoltes et rébellions s'apparentent toujours, au moins en partie, à des luttes de classes. Un exemple parmi tant d'autres : le Moyen Âge connut une crise économique qui engendra des affrontements acharnés entre seigneurs et paysans en plusieurs endroits. En 1325, les paysans libres des Flandres occidentales refusèrent de payer les dîmes à l'Église et les fermages au seigneur féodal. En juin 1381, la « Révolte des paysans » anglaise permit brièvement aux insurgés ruraux de contrôler Londres. À Paris, à la fin des années 1350, certains des bourgeois les plus riches prirent également le contrôle de la ville. En Italie, en 1378, ce sont les artisans de la laine qui s'emparèrent de Florence après s'être retournés contre les chefs des guildes de marchands dominantes.
L'histoire des grandes rébellions montre toutefois qu'elles n'ont pas souvent été capables de porter un projet de réorganisation de la société sur des bases nouvelles. Exception faite de la Commune, décrite par Marx comme « un nouveau point de départ d'une importance historique universelle ». Mais cette histoire révèle aussi que les révolutions sont parfois imprévisibles. Plusieurs éclatèrent durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, après une période de paix sociale, aux États-Unis, en Irlande, en Angleterre, en Haïti, en Amérique Latine ou en France. Les chapitres qui leur sont consacrés sont l'occasion, par-delà la narration d'événements connus, de descriptions minutieuses, comme celle de la structuration par classes de la société française de cette époque. Ils illustrent aussi la manière dont le fil du récit peut se rompre sans crier gare : « Il aurait été facile pour un observateur contemplant le monde au milieu des années 1750, de conclure que l'âge des révolutions était depuis longtemps dépassé, malgré les absurdités et les atrocités de l'époque. »
L'échelle choisie par Chris Harman lui permet de mettre à mal la croyance, développée dans les années 1990 par Francis Kukuyama, en une fin de l'histoire – ou du moins une fin de l'histoire de la lutte des classes – et l'illusion du progrès inéluctable sous le capitalisme. La durée de vie de ce mode d'organisation semble bien courte au regard des millénaires qui ont précédé son apparition. Et « pour une large part de l'humanité, la réalité de la vie a été, à divers moments du siècle, plus horrible qu'à aucune période de l'histoire connue ». Sans compter le creusement accéléré des inégalités : « À la fin des années 1960, l'écart de revenus entre les 20 % les plus riches et les 20 % les plus pauvres de la population mondiale était de trente pour un, (…) en 1998, de soixante-quatorze pour un. » L'ouvrage, publié dans sa langue d'origine en 1999, n'englobe pas les crises récentes qui sont venues troubler le consensus qu'il dénonce. Mais il apporte tout de même de l'eau au moulin de ceux qui cherchent une alternative à un système moins enraciné qu'il n'en a eu l'air. La longue durée offre une multitude d'exemples qui attestent du surgissement inattendu des révolutions et du possible basculement vers d'autres formes d'organisation. Voici donc une histoire qui « raconte comment nous sommes devenus ce que nous sommes ». Or « comprendre cela, suggère l'auteur, c'est la clé qui permet de savoir si nous pouvons, et comment nous pouvons, changer le monde dans lequel nous vivons ».

Postado originalmente em :
http://www.google.com.br/reader/view/?hl=pt-BR&tab=wy#stream/feed%2Fhttp%3A%2F%2Fwww.regards.fr%2Fspip.php%3Fpage%3Dbackend

Análise brilhante compara Brasil ao Titanic

23/11/2011
By
Dilmanic
País governado pelos comissários Lullodilmistas naufraga sob o peso da corrupção e da incompetência


Do blog do professor hariovaldo almeida prado:

Um  jornal de bons homens de bens e benz, uma gazeta a serviço do Brazil,  empresta sua voz e suas manchetes a progressistas e esclarecidos leitores da boa elite avançada, um alerta contra tudo-que-aí-está.
O jornal patriótico, que até emprestou veículos aos saudosos governos da década de 70 para manutenção da ordem, agora adota a moderna técnica de marketing jornalístico, de falar através de seus leitores e expor sua própria opinião através destes.
Tudo hoje conspira contra a antiga Terra de Vera Cruz,  como afirmou o erudito  leitor-redator:
“Vejo uma funesta analogia entre o Brasil institucional e o Titanic: ambos são gigantescos, luxuosos, requintados, privilégio de felizardos turistas navegando sobre um mar de lama e que se chocam com o iceberg da corrupção, cuja ponta foi vista tarde demais nas brumas do pântano.”
É fato, esses turistas, na verdade subversivos Dilmolullistas financiados por Havana, Pequim, Teerã e Pyong-Yang, se refastelam no banquete da corrupção e vão nos deixar somente os restos e ossos dessa nação, que outrora, em tempos felizes,  já foi governada por um intelectual de alto quilate, um PhD que nos fez acordar para os poderes divinos do Mercado que tudo-vê-tudo-sabe-e-tudo-resolve.
E continua  a matéria do redator-leitor em defesa dos valores greco-cristãos, advertindo os de bens e benz contra os ateus infiéis que hoje  são impostos desde o planalto central do país:
“Pelo noticiário, o Brasil real toma conhecimento da tragédia na expectativa de quantos sobreviverão.
No casco do navio, gravaram uma blasfêmia desafiando Deus, assim como fizeram no PNDH-3 (Plano Nacional de Direitos Humanos) pretendendo alijar os símbolos cristãos dos recintos republicanos.
Assim como o orgulho da White Star Line foi a pique em 1912, a nossa vergonha nacional parece que afundará em 2012, quando Zeus, lá do Olimpo, precipitará no tártaro as divindades republicanas.”
Outros redatores-leitores do hebdomanário bandeirante dos puros filhos da pátria, trazem  reportagens, com títulos patrióticos e humanitários, tais como:
Dilmazilla
Assim como a nave, Brazil segue célere rumo ao desastre empurrado pela búlgara usurpadora
Assim é, estes ateus desalmados e comunistas estão destruindo o país, elevaram irresponsavelmente o salário minimo, de 70 para cerca de 300 ou 350 dólares (o que será da previdência, dos municípios e do custo Brazil ?!?), trouxeram o desastre aos bons samaritanos que do exterior nos financiavam e hoje minguam sem os juros de nossas dívidas, fizeram agressivamente o índice de desemprego despencar de dois dígitos para 6% elevando  desnecessariamente o custo da mão de obra, do mesmo modo vil atacaram a inflação de 12,5% no bom ano de 2002 para menos de 6,5% em 2011, criaram bolsas para sustentar vagabundos e para se locupletarem,  fizeram dobrar sem razões as taxas de crescimento da economia, aceleraram impudicamente a produção de petróleo e de energia elétrica, e muitas outras coisas, enfim, o caos nacional em sua plenitude.
Se ainda estivéssemos nos Alpes, mas aqui com a mão de obra desqualificada da gentalha ignorante?!?
Hoje choramos de inveja frente a pujança da economia americana, japonesa e europeia, que rapidamente avançam, antigamente, nos bons tempos, a Europa se curvava ante o Brasil, que pena, como éramos felizes a não sabíamos!
É urgente pois uma nova Marcha com Deus, pela Família, pela Tradição, pela   Propriedade e Latifúndio, contra a Carestia, a Corrupção e o Comunismo Atroz.
Viva a UDN, a Propriedade Cruzada e Salve a Imprensa Livríssima !
 
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quarta-feira, 23 de novembro de 2011

Brasil perde para outros Brics na proteção de floresta

Brasil perde para outros Brics na hora de proteger suas florestas

DA BBC BRASIL
O Brasil está atrás de China, Rússia e Índia no combate ao desmatamento e na recuperação da área florestal perdida. Esta é a conclusão de um estudo organizado pelo instituto brasileiro Imazon e o Proforest, ligado à Universidade de Oxford, que estudo comparou a situação em 11 países e mostra que nos quesitos preservação e reflorestamento o Brasil está perdendo a corrida com outros países dos Brics.
O estudo, divulgado no momento em que o Senado debate os termos do novo Código Florestal quanto ao tratamento de áreas verdes do país, compara a forma com que o Brasil e outros países lidam com o tema e analisa o que está sendo feito de suas florestas.
Se colocados lado a lado, os dados mostram que, enquanto China, Índia e Rússia têm criado leis para proteger suas florestas e agem para recuperar o que já foi devastado, o Brasil segue na contra-mão, desmatando mais do que é reflorestado.
O levantamento, denominado "Um Resumo do Status das Florestas em Países Selecionados", verificou um padrão semelhante nos países analisados. Primeiro, passam por intenso processo de desmatamento, normalmente quando estão se desenvolvendo, para abrir espaço para a agricultura e explorar matérias-primas.
Em seguida, essa devastação é interrompida por fatores que vão da escassez dos produtos florestais à preocupação ambiental. Começa então uma curva ascendente, com políticas de proteção ambiental e reflorestamento.
FUNDO DO POÇO
Para Adalberto Veríssimo, pesquisador sênior do Imazon e coordenador do levantamento no país, o Brasil está longe de acompanhar os outros Brics. "Estamos atualmente no fundo do poço e um desses bem profundos, porque quando ainda é pobre, o país dilapida suas florestas, mas à medida que se torna emergente, começa a mostrar uma curva ascendente", disse Veríssimo à BBC Brasil.
"Mas o que vemos aqui não é nada disso. O Brasil já é emergente e continua caindo, já que perde mais florestas do que planta", afirma o pesquisador, lembrando que se originalmente o país tinha 90% de seu território coberto por florestas, hoje essa proporção é de 56%.
O exemplo mais contundente talvez seja a China, que com um amplo programa oficial superou a fase de devastação intensa e já conseguiu recuperar suas florestas, apesar de ainda serem limitadas. Segundo dados da FAO, a cobertura florestal do país em 1950 não chegava nem a 10% do território, enquanto hoje ocupa 22%.
"O principal interesse chinês é impulsionar sua economia e criar uma reserva estratégica para o país, protegendo, por exemplo, áreas como as que têm recursos hídricos", afirma Veríssimo. A legislação da China impede que florestas sejam suprimidas em prol de mineração ou projetos de infraestutura e só abre exceções mediante a autorização governamental e pagamento de taxa de restauração ambiental.
CURVA ASCENDENTE
Já a Rússia, país com maior cobertura florestal do mundo, ampliou essa área em 15% em 60 anos e hoje tem quase metade de seu território coberto por florestas. O crescimento deve-se a uma melhoria na legislação, também resultado da menor dependência da área rural.
Segundo o estudo, a Índia também já começou avançar rumo ao reflorestamento, embora em um nível bem mais tímido, de 21% para 22%. Mas o pesquisador lembra que os entraves indianos são muitos mais duros do que os brasileiros, já que eles vivem em território muito menor que o nosso com uma população cerca de seis vezes maior.
O estudo do Imazon e da Proforest, que incluiu também países europeus e da América do Norte, deixa claro que para fazer progresso nessa trajetória de recuperação ambiental são precisos incentivos do governo.
Setores ruralistas rejeitam as conclusões do estudo pois acreditam que a falta de incentivo governamental no Brasil invalida as comparações. Eles alegam que o estudo põe lado a lado países que não são comparáveis, justamente por receberem benefícios em prol da conservação ambiental. "Esse estudo é uma interpretação parcial dos dados, porque mostra que países que, após devastarem quase toda a área verde que tinham, vêm replantando com recursos obtidos na forma de incentivos financeiros e indenizações para áreas que deixam de produzir alimentos", disse à BBC Brasil, Assuero Veronez, vice-presidente da CNA (Confederação Nacional da Agricultura e Pecuária). "E não podemos comparar isso com a nossa legislção, que apenas restringe o uso sem qualquer tipo de indenização ou compensação ao proprietário."

terça-feira, 22 de novembro de 2011

Como o capital financ privatizou o Estado nos EUA

Como o capital financeiro privatizou o Estado nos EUA

O ex-economista chefe do Fundo Monetário Internacional, Simon Johnson, escreveu, em 2009, sobre o golpe silencioso que levou à “reemergência de uma oligarquia financeira americana”. Johnson deixou claro que não tinha a intenção de usar “golpe” como um floreio retórico nem como uma metáfora. O capital financeiro tinha efetivamente privatizado o Estado. O neoliberalismo havia sido bem sucedido não só em permanentemente garantir um governo reacionário, mas tinha capturado o próprio Estado. O artigo é de Alan Nasser. Alan Nasser (*)

O desempenho da economia norte-americana desde meados da década de 1970 até o presente não se iguala com a sua relativa robustez durante o período que economistas chamam de Idade de Ouro – 1949-1973. Este foi o mais longo período de crescimento sustentado na história dos EUA, quando a maioria dos trabalhadores (brancos) conseguiram alcançar um grau de segurança material que não se conhecia até então, e que se tornou inalcançável desde então. Mas a partir do fim da década de 1960 e pelos anos 1970 o mal-estar econômico se tornava cada vez mais evidente, dando sinais de que algo pior viria: Não se pensava ser possível ter altas porcentagens de inflação e desemprego – estagflação – em um mundo keynesiano (1), mas havia, e era aparentemente incurável. Ao mesmo tempo, a produtividade dos trabalhadores diminuiu drasticamente. As margens de lucro foram continuamente caindo por mais de dez anos na medida em que concorrentes econômicos japoneses e europeus pegavam um pedaço cada vez maior da porção da produção norteamericana tanto doméstica quanto internacional.

As elites corporativas e políticas responderam com um tratamento de banho frio. “O padrão de vida do americano médio”, pronunciou Paul Volker, presidente do Banco Central dos Estados Unidos, em 17 outubro de 1979, “tem que cair. Eu não acho que podemos escapar disso.” A taxa de juros foi às alturas. A parcimônia era a ordem do dia, e ainda é. Em 1983 uma análise do declínio dos EUA e a subsequente ascensão do Thatcher-Reaganismo apareceu no livro Beyond the Waste Land, escrito pelos economistas radicais baseados em Harvard Sam Bowles, David M. Gordon e Thomas Weisskopf.

 O livro recebeu várias resenhas positivas, como no The New York Times e no The New York Review of Books. Entre os revisores estavam os conhecidos economistas americanos John Kenneth Galbraith, James Tobin e Kenneth Arrow. Os autores argumentavam que um fator sócio-político de grande importância era crucial no declínio da hegemonia dos Estados Unidos: os trabalhadores tinham se tornado mais seguros e mais encorajados pelos benefícios do New-Deal Keynesiano, como a previdência social e o seguro desemprego, e também por programas sociais favoráveis aos trabalhadores da Great Society feitos por Lyndon Johnson.

A coragem dos trabalhadores foi especialmente marcante nos anos 1960 e no começo dos anos 1970. Houve um aumento notável em ações dos trabalhadores, desde greves até sabotagem industrial. Com menos trabalhadores se preocupando de onde sairia a sua próxima refeição, viu-se um aumento do relaxamento no trabalho, atrasos, troca de empregos, pressão para a melhora na segurança do local de trabalho e demanda por salários mais altos e mais benefícios. O resultado foi um declínio na produtividade (output por unidade de input de trabalho) uma diminuição do lucro pressionada pelo aumento dos salários. Mais importante ainda, o legado do New Deal e da Great Society resultou em um deslocamento na distribuição de renda do capital em direção ao trabalho.


Bowles, Gordon e Weisskopf argumentavam que com uniões de trabalhadores eficazes e uma segurança de trabalho sem precedentes, o trabalho tinha alcançado um grau de poder sobre o capital até então nunca visto. Esta análise foi desenvolvida mais recentemente pelos economistas Jonathan Goldstein e David Kotz, que mostram que toda recessão da Idade de Ouro foi gerada por uma redução nas margens de lucro pressionada pelo aumento de salários na expansão econômica que a antecedeu. De acordo com Bowles, Gordon e Weisskopf, o capital não aceitou isso passivamente. A América corporativa iniciou uma contraofensiva que os autores chamaram de Grande Repressão. E podemos dizer que o contra-ataque do capital persiste até hoje.

Pensamento liberal sobre a política da elite

Muitos dos mais proeminentes revisores de Beyond the Waste Land ficaram escandalizados pela asserção dos autores de que o capital deliberadamente organizava resistência política ativa contra os avanços da classe dos trabalhadores. No New York Times (31 Julho, 1983) Peter Passell, que na época escrevia editoriais sobre economia para o Times, reclamou que o livro mostrava uma “ênfase em teorias da conspiração.” John Kenneth Galbraith compreendia melhor e era mais desdenhoso da ortodoxia do que liberais do tipo Paul Krugman ou Robert Reich. Mesmo assim ele também não conseguia imaginar que aqueles interessados pudessem deliberadamente reunir forças contra os interesses da classe dos trabalhadores.

Em sua generosa aclamação do livro no New York Review of Books (2 Julho, 1983) Galbraith registrou uma “séria queixa contra a posição dos autores sobre o poder político... Eles veem o atual comportamento deplorável da economia como sendo o resultado de um exercício pensado e deliberado do poder corporativo.” Galbraith repudiou a convicção dos autores “de que o desastre atual foi planejado – que ele reflete de um modo deliberado o interesse das corporações. Nisso eu não acredito. Eu atribuiria [esse desastre] muito mais à aderência do mundo corporativo a uma ideologia irrelevante e ultrapassada, e aos lideres políticos, sem exclusão do presidente, que não veem os danos que estão causando.” É como se reconhecer o ativismo politico das elites desse crédito à analise de classes, que é considerada muito marxista para nosso próprio bem. A fala sobre o domínio corporativo do Estado abre as portas para reconceptualizações inaceitavelmente subversivas sobre questões que fomos treinados a entender em termos mais seguros e menos sediciosos. Ver uma recessão como um ataque do capital, por exemplo, nos força a fazer os ajustes apropriados em uma gama de conceitos políticos e econômicos.

Na verdade, como Galbraith reconheceu, Beyond the Waste Land demanda que pensemos e agimos de modo diferente em relação ao que consideramos ser poder político. É menos inquietante imaginar que “ideologia irrelevante” e ignorância política estão no centro do enfrentamento econômico atual do que ver a depressão econômica como o resultado de um ataque deliberado dos oligarcas nos trabalhadores. Estas objeções liberais são muito menos críveis agora do que eram 28 anos atrás. A elite é como um filósofo tentando se guiar pela teoria intelectualmente mais cogente. O poder politico não é uma questão de defender esta ou aquela ideologia; é uma questão de legislar de acordo com o interesse deste ou aquele grupo.

O poder político é exercitado com mais sucesso quando aqueles cujos interesses são mais consistentemente preenchidos pelo exercício do poder do Estado. Cui bono? permanece sendo o melhor teste para saber quem é que interessa para os administradores do Estado. Os últimos governam, os primeiros guiam o Estado. Por este teste só os mais cegos não conseguem ver que Wall Street agora coordena o show. Os cegos abundam entre os intelectuais liberais. Em sua coluna no New York Times de 23 novembro de 2009, Paul Krugmann confessa que “levei um tempo para entender isso. Mas as preocupações expressas do Sr. Obama se tornam compreensíveis se supomos que ele está recebendo as suas ideias, direta ou indiretamente, de Wall Street.” Não diga. A epifania de Krugman já estava disponível antes de Obama ser eleito.

Em setembro de 2008, o capital financeiro avançou e aberta e desenvergonhadamente deixou de lado seus representantes políticos e começou a ditar diretamente politicas para o Congresso e a Casa Branca. Hank Paulson demandou $700 bilhões para os banksters, sem compromissos: não haveria restrições em como o dinheiro seria gasto, sem audiências, sem debate no Congresso, sem avaliações de especialistas e nenhuma responsabilidade recairia sobre Paulson. Obama suspendeu sua campanha por um dia para pedir que os congressistas democratas obedecessem as ordens de Paulson. Seus melhores conselheiros econômicos, seu ministro da Fazenda, o presidente de seu Banco Central revelaram-se ser na sua maioria desreguladores ligados a Wall Street. Passou-se mais de um ano até que Krugman se desse conta de que Obama pudesse ser o Charley McCarthy para o Edgar Bergen de Wall Street. A resposta da elite à crise O ativismo politico da elite fica evidente em tempos de crise, quando ele toma a forma ou de uma contração econômica forte ou de militância da classe dos trabalhadores, ou ambos. Vamos dar uma olhada mais de perto. A classe dominante tentou lidar diretamente com situações de crise em cada um dos três períodos de retração econômica desde 1823.

Eu lido com o capitalismo americano do século dezenove (1823 -1899) como um único período de depressão, já que ao curso de mais de sessenta anos ele apresentou três fortes depressões, 1837-1843, 1873-1878 e 1893-1897. Na verdade, em todo o período de 1823-1898, com exclusão da Guerra Civil, a nação esteve em depressão mais frequentemente do que não. A Grande Depressão dos anos 1930 foi, claro, o segundo período, e os anos desde o final de 2007 até o presente compõem o terceiro período. A oligarquia corporativa também respondeu à Idade de Ouro do New Deal/Great Society como outro período de crise, mas nesta instância como um tipo especial de crise. Neste caso, a crise não foi percebida pela elite como sendo puramente de origem econômica, mas também politica, que envolvia uma transferência tanto de renda como de poder dos mais ricos para o resto das pessoas.

O resultado foi a mobilização da classe dominante. Os plutocratas abertamente resolveram assumir o comando da política. O neoliberalismo começou a tomar forma. Depois de uma breve revisão das respostas dos plutocratas aos períodos de depressão e à Idade de Ouro, irei analisar mais profundamente o período entre meados da década de 1970 e o final do século vinte como representando uma insurgência prolongada dos interesses estabelecidos contra um capitalismo americano regulado e relativamente amistoso aos trabalhadores, e como escalando para a atual bagunça. Comecemos com a primeira tentativa histórica da classe corporativa em tentar coordenar o seu poder como uma classe. Essa foi uma tentativa confinada inicialmente à esfera econômica. Uma vez que a elite tivesse estabelecido um regime privado de colaboração no mercado, tornou-se claro que as subsequente ameaças aos seus interesses requereria mobilização política. O que encaramos hoje é uma classe governante politicamente organizada como nunca antes, com um aperto firme no poder do Estado. Século 19: A depressão abre as portas para a organização corporativa Foram as ferrovias e o aço que serviram de exemplo para a instabilidade econômica crônica do capitalismo americano do século dezenove. Em todos casos as empresas repetidamente diminuíam seus lucros para competir até falir ou serem liquidadas. O capital financeiro respondeu colocando pressão em sua contraparte industrial para que ela se consolidasse, para então poder evitar a perpetuação do que estava muito perto de ser quase três quartos de século de depressão continuada.

Em famosa descrição, Keynes mostrou um caso claro de competição irracional: “Duas missas para os mortos, duas pirâmides são melhor do que uma; mas não duas ferrovias de Londres a York.” Na verdade, no Reino Unido e nos Estados Unidos os magnatas das ferrovias tinham mais de uma vez construído duas ou mais ferrovias de A a B, com consequências previsíveis: bancarrotas proliferaram. Ao final do século dezenove as grandes malhas ferroviárias eram as maiores empresas de negócios do mundo, no entanto, até 1900 metade delas tinham sido liquidadas. O magnata das finanças J. P. Morgan estava a par da contribuição da concorrência fratricida às recorrentes recessões econômicas e não acidentalmente à consequente ameça ao lucro dos bancos. Ele convenceu os maiores barões das ferrovias a se organizarem. Ele fez com que eles formassem “comunidades de interesse” para reduzir a concorrência destrutiva, fixando tarifas e/ou alocando tráfego entre ferrovias rivais.

A maior parte deste esforço falhou; invariavelmente pelo menos uma das companhias quebraria sua promessa para tentar tirar vantagem das outras. Em retrospecto, a resposta de Morgan foi marcante. Ele implorou para que suas contrapartidas da economia se consolidassem como uma questão de política. A consolidação, ele incitou, era o antídoto mais efetivo contra depressão e a queda dos lucros dos bancos induzidos pela concorrência feroz. Tal consolidação era do interesse do capital. Praticando o que ele tinha pregado, Morgan tomou controle de um sexto das maiores ferrovias dos EUA. A indústria do aço mostrava uma dinâmica parecida.

O superinovador Andrew Carnegie introduziu avanços tecnológicos que aumentavam a produtividade com uma frequência incomum. Sua taxa alta de renovação de capital acabava por diminuir seu custo unitário, aumentava os custos da concorrência e desvalorizava seu capital obsoleto, permitindo a ele levar muitos deles à falência através da concorrência de preços. Isso fez com que grandes banqueiros como J. P. Morgan tivessem em suas mãos grande devedores incapacitados de pagar seus empréstimos. A concorrência feroz foi de novo corretamente vista por Morgan como contrária aos interesses do capital. Carnegie era um incômodo em especial para Morgan, que repetidamente pedia a ele desacelerar suas inovações. Quando Carnegie resistiu, Morgan simplesmente o comprou e consolidou a Carnegie Steel Company com alguns de seus concorrentes mais fracos. Em 1901 o monstro do aço criado por Morgan se tornou a US Steel. Isso criou um precedente e também um ímpeto para a oligopolização de grandes indústrias, que se tornaria a marca característica do capitalismo do século vinte.

A concorrência feroz foi substituída pela concorrência “correspectiva”, efetivada principalmente por meio de propaganda, novos produtos, tecnologia melhorada e mudança organizacional. Morgan tornou-se o primeiro crítico ativo proeminente da concorrência feroz. Seu esforço consciente de tentar limitar a concorrência foi a primeira tentativa histórica de um grande ativista da classe dominante de deliberadamente intervir na dinâmica da economia em resposta a falências e depressão econômica. As lições de Morgan são implicitamente subversivas. Ele mostrou aos seus irmãos da indústria que seus interesses individuais eram melhor alcançados através de ação conjunta. Morgan entendeu que o agente capitalista de maior sucesso não é o indivíduo, mas a classe. O mesmo, claro, se aplica ao sucesso anti-capitalista. Isto Morgan não endereçou. O capitalismo organizado era muito diferente do seu antecessor do século dezenove, com apenas uma exceção. Em ambas as épocas o liberalismo econômico se mantinha; a regulação do mercado pelo governo era praticamente inexistente.

A falta de regulação foi um fator importante na formação tanto da Grande Depressão quando da atual recessão grave. A Grande Depressão: Golpe de Estado como resposta à politização do Estado criada pelo New Deal. A resposta de J. P. Morgan à crise foi recomendar à sua classe formar uma nova organização industrial. A reconfiguração resultante da economia privada foi alcançada sem praticamente nenhuma participação aberta do Estado, de acordo com a ideologia predominante do laissez faire. A ideia de que o Estado pudesse dar uma resposta aos problemas econômicos através de uma intervenção ativa ainda não era parte do pensamento oficial. Durante a crise dos anos 1930 a ortodoxia dominante foi severamente desafiada.

O precedente gerado por Morgan para lidar com o colapso econômico resultante da concorrência desenfreada era o de que eles poderiam se juntar para colocar a sua casa em ordem. Em contraste, o capital dos anos 1930 não tinha controle privado e nem estrategias adequadas para controlar a Grande Depressão. As sementes da Depressão haviam sido plantadas nos anos 1920, quando a cena econômica era muito parecida como que precipitou a atual recessão. A produção, o investimento e os lucros cresceram muito mais rápido do que os salários. As uniões de trabalhadores eram fracas e a desigualdade cresceu – em 1928 foi o ano recorde de desigualdade de renda de então – e os trabalhadores dependiam muito na criação de dívidas para poder comprar a avalanche dos novos produtos de consumo.

Durante a segunda metade da década o crescimento econômico era devido em grande parte ao consumo bancado pelo crédito financeiro. A desigualdade sem precedentes resultante dessa configuração aumentou ainda mais a distância entre a capacidade produtiva e a demanda, e foi causa, a partir do começo de 1926, do arrefecimento das vendas dos bens de consumo duráveis – rádios, refrigeradores, torradeiras, carros – das quais a saúde da economia de produção era dependente. A taxa de crescimento da produção recuou drasticamente, o que causou a fuga do capital de investimento para mercados financeiros, ultimamente induzindo a quebra de 1929. Você já ouviu isso antes? Refletindo sobre esses acontecimentos, os Keynesianos em volta de Roosevelt propuseram a idéia de que a economia tinha alcançado “maturidade” durante o estágio final da industrialização dos anos 1920. Todas a expansões precedentes que se seguiram das recessões tinham sido impulsionadas por investimentos feitos nos meios de produção e nos lugares de trabalho; a nação ainda estava se industrializando.

Desta vez, e pela primeira vez, era diferente. A capacidade de produção em excesso era muito grande ao final da década, mas isso não ocorrera do mesmo modo que no final do século dezenove, cuja causa foram as falências em série. O flagelo tríplice de desigualdade, excesso de investimento e baixo consumo foram os culpados. Com a base da infraestrutura no lugar, e as instalações produtivas obviamente supérfluas, o único modo da economia se recuperar era se o consumo fosse ressuscitado.

Mas o estado da economia privada não permitia que isso ocorresse, isto era o que Keynes tinha entendido. A sua prescrição foi feita para a recuperação de uma economia industrial madura que se encontrava em uma recessão autoperpetuante grave e contínua. O cenário histórico estava agora pronto para o aparecimento da resposta Keynesiana de que somente um agente de fora do mercado, que não seja impulsionado pela busca do lucro, pode restabelecer uma economia capitalista madura que se encontra em depressão profunda. Muitos dos conselheiros econômicos de Roosevelt eram Keynesianos, e a combinação de sua tutela com a crescente mobilização dos trabalhadores convenceu o presidente a inciar uma importante ruptura com o precedente do mercado livre. Roosevelt iniciou um grande plano de investimento público e de empregos oferecidos pelo governo que não só reverteu a recessão de 1929-1933, mas que também gerou a maior expansão cíclica dos EUA até aquele momento, em 1934-1938.

Para a classe de negócios essa parecia ser uma guinada revolucionária exagerada. A forte denúncia dos banksters feita por Roosevelt no mesmo momento em que ele politizava o Estado em nome dos interesses da classe dos trabalhadores foi vista como uma ação terrível e sem precedentes, como se fosse um ataque popular feito pelo Estado ao poder da Grande Fortuna. A resposta óbvia da classe de negócios não foi tentar reconfigurar o setor privado como Morgan tinha feito, mas foi tentar capturar o Estado, que eles viam como sendo um perigo maior para o seu domínio do que a própria Depressão.

Morgan tinha lidado com questões econômicas. Mas o surgimento de uma forma madura de organização econômica oligopolizada demandou dos líderes uma resposta política. A elite dominante organizou em 1933 um golpe para tentar retirar a administração de Roosevelt do poder e tentar substituí-la com um governo nos moldes dos de Adolf Hitler e Benito Mussolini. (Um Comite do Congresso de 1934 determinou que Prescott Bush, avô de George W. Bush, estava em contato com Hitler.)

Entre os conspiradores estavam alguns dos mais proeminentes membros da classe de negócios, muitos deles nomes familiares da época. Entre eles estavam Rockefeller, Mellon, Pew, Morgan e Dupont, assim como empresas como Remington, Anaconda, Bethlehem e Goodyear, e os donos de Bird's Eye, Maxwell House e Heinz. Cerca de vinte dos maiores homens de negócios e de finanças de Wall Street planejavam juntar um exército de quinhentos mil homens, formado em sua maioria por veteranos desempregados. Essas tropas constituiriam as forças armadas por trás do golpe e serviriam para combater qualquer resistência gerada pela revolução. Os revolucionários escolheram o general Smedley Butler, que havia recebido a Medalha de Honra, para organizar as suar forças armadas. Butler ficou chocado com o plano e o contou para jornalistas e para o Congresso. Roosevelt rapidamente acabou com o plano.

A tentativa de efetivar um golpe foi um evento marcante na história dos EUA, mostrando claramente o que pensavam os americanos ricos. (Não há menção desse evento nos livros de história dos EUA. Ela não é considerada adequada para ser vista impressa.) Não temos motivo para pensar que os instintos fascistas foram purgados do caráter da classe dos que guiam o Estado. Também notável, o escândalo nos alerta para o Leninismo da elite, a sua identificação com o Estado como sendo o maior prêmio político alcançável, o lugar do poder de classe.

Ironicamente, foi Keynes que colocou a captura do Estado na agenda nos anos pós-guerra. O Keynesianismo dos anos 1930 testemunhou o Estado legislando de acordo com os interesse dos trabalhadores, e concorrendo com sucesso com as empresas privadas no mercado de trabalho. Este era um Estado funcionando de modo explicitamente politizado, e nos olhos da elite, como sendo um comitê executivo da classe dos trabalhadores.

O capital aprendeu uma lição de grande importância: controlar o poder do Estado deveria figurar como a sua principal agenda politica. Também aprenderam que é mais fácil planejar do que efetivar a tomada do controle do Estado. Nos últimos anos da Era de Ouro os capitães da riqueza estabeleceram uma estratégia politica de longo prazo para desfazer o New Deal e a Great Society, e para colocar no lugar mecanismos que prevenissem o seu reaparecimento. Desta vez era para ser um New Deal para o capital, um Estado descaradamente politizado para a classe que realmente conta. Estes foram os anos de formação do neoliberalismo.

A Idade de Ouro não tão dourada para o Capital

A Idade de Ouro tem como marca característica a incrível taxa de crescimento e a segurança material sem precedentes gozada por um bom número de trabalhadores. Mas as taxas de crescimento não nos dizem nada a respeito de como os frutos do crescimento são distribuídos. O momento atual ilustra esse ponto muito bem. A taxa de crescimento da economia tem sido muito baixa, enquanto que os lucros das corporações e a renda dos 0.01% do topo tem alcançado novos recordes. Junte isto com a deliberada distribuição de renda e riquezas dos resto para os mais ricos. A distribuição é muito importante para os ricos. Se a riqueza e/ou a renda fosse redistribuída para outra classe, então o poder também seria redistribuído. E isso não é benquisto por aqueles que guiam o Estado.

O período do New Deal/Great Society viu uma crescente redistribuição de riquezas do capital em direção ao trabalho. A fatia da renda nacional apropriada pelos 1% do topo declinou gradualmente durante aqueles anos. Em 1928, o ano com maior desigualdade desde 1900, a fatia desses 1% era de mais de 23%; ao final dos anos 1930 ela tinha baixado para 16%. E caiu para 11-15% nos anos 1940, para 9-11% nos anos 1950 e 1960, e finalmente caiu para seu ponto mais baixo de 8-9% nos anos 1970. Estes foram os primeiros 50 anos de redistribuição de renda dos mais ricos para o resto dos americanos em sua história. Os oligarcas iriam tomar providências para que isso jamais acontecesse novamente. As elites viram a redistribuição de renda como sendo inerente a qualquer política do Estado, distribuindo para os trabalhadores benefícios que o mercado não providenciaria se deixado por ele mesmo. Se você dá a eles um pouco, então aos poucos eles irão querer tudo.

Para aqueles acostumados a estar no comando, Lyndon Johnson parecia estar respondendo à pressão popular para fazer ainda mais do que o New Deal já tinha feito; ele expandiu o programa para incluir pagamentos por incapacidade ou invalidez e mais ainda. Johnson e um Congresso Democrata aprovou novas leis e emendas, em sua maioria em torno de questões ambientais e para o consumidor, que teve como resultado o corte dos lucros das empresas ao forçar as corporações a absorver alguns dos custos que antes eles externalizavam para o resto dos consumidores.

Em menos de quatro anos o Congresso aprovou uma série de leis: a Lei da Verdade no Empréstimo, a Lei do Embalamento e Rotulamento Justo, a Lei Nacional do Trafego e Segurança de Veículos, a Lei Nacional de Segurança de Gasodutos, a Lei Federal de Substâncias Perigosas, a Lei de Tecidos Inflamáveis, a Lei Federal de Inspeção de Carnes e a Lei de Proteção da Criança. Ufa! As relações entre o governo e os negócios jamais tinham tido tamanha avalanche de legislação que limitasse a liberdade do capital pelos interesses dos trabalhadores. Entre 1964 e 1968 o Congresso aprovou 226 das 256 leis favoráveis aos trabalhadores. Os recursos federais transferidos para os pobres aumentou de U$9.9 bilhões em 1960 para U$30 bilhões em 1968. Um milhão de trabalhadores receberam treinamento para o trabalho por causa dessas leis e dois milhões de crianças foram matriculadas em programas de pré-escola até 1968.

O que fez tudo isso especialmente assustador nos olhos dos grandes ricos era que os Republicanos pareciam ter aceitado a idéia de redistribuição de renda. Em 1971 Richard Nixon anunciou: “Agora sou um Keynesiano no que concerne a economia” (e não “Somos todos Keynesianos agora”, como a sentença é no geral erroneamente citada). Na verdade Nixon era um gastador não-militar doméstico maior do que Johnson fora. Durante seu primeiro mandato ele aprovou uma lei de reforma fiscal muito importante, criou a Agência de Proteção Ambiental junto com quatro leis ambientais, a Administração de Segurança e Saúde Ocupacional, e a Comissão de Segurança dos Bens de Consumo. A combinação de regulamentação e redistribuição de renda deixou a classe dos trabalhadores materialmente segura de um modo que jamais tinha sido, e também a deixou mais inclinada a se sentir importante.

Quando a economia começou se aproximar do pleno emprego, perto do pico da expansão da Idade de Ouro, em geral aumentaram os atrasos, relaxamento, troca de empregos e a militância por parte dos trabalhadores. Os EUA alcançaram o topo das tabelas da OCDE de greves por trabalhadores em 1954, 1955, 1959, 1960, 1967 e 1970. Logo as empresas notaram esse dado. Comentando sobre as causas da recessão de 1970-1971 que se seguiu depois da expansão dos anos 1960, um artigo de primeira página do Wall Street Journal (26 Janeiro, 1972) notou que: 'Muitos executivos de fábricas reclamaram abertamente que nos últimos anos muito controle tinha passado da administração para os trabalhadores. Com as vendas se arrastando e a concorrência aumentando, eles se sentem mais seguros para tentar restabelecer o que eles chamam de “balanço”.'

É difícil subestimar o impacto dos novos regulamentos, da redistribuição de renda e da militância dos trabalhadores nos negócios. Os regulamentos dizem respeito à classe, e veremos como eles inspiraram aqueles que estavam sendo regulados a responder como uma classe para poder se defenderem. Nós podemos começar contrastando o anti-Keynesianismo neoliberal com as tentativas padrões das empresas de tentar influenciar o governo no período pós-guerra. Na mesma medida em que as empresas tentaram se mobilizar antes do neoliberalismo, as suas táticas eram fragmentadas e limitadas em alcance. A indústria aérea pressionaria o Conselho de Aviação Civil e/ou subornaria um senador (e.g. O senador de Washington Scoop Jackson, conhecido como “O Senador da Boeing”), empresas siderúrgicas se aproximariam do Congresso para tentar obter leis protecionistas, produtores de energia ganhariam descontos nos impostos devidos por influência de seus congressistas favoritos, e as empresas atacariam as uniões de trabalhadores.

Muito disso era feito através de contato pessoal. Empresas individuais e indústrias específicas tinham estratégias próprias; não havia nenhum meio de resistência trans-setorial às ameaças das empresas como um todo. Mas é da natureza da regulação impor esse tipo de ameaça ao afetar muitas indústrias ao mesmo tempo. Não é de se surpreender que as empresas iriam responder a isso com uma nova forma de mobilização, uma tentativa das empresas de tentar tomar conta do poder do Estado através de meios políticos, uma tentativa menos dramática, mas não menos efetiva do que um golpe de Estado.

A Contrarevolta do Capital: O Legado do Relatório Powel

Ao final do século dezenove, Morgan havia incitado os donos de indústrias a se organizarem dentro do setor privado. Durante a Grande Depressão o grande capital reuniu politicamente as suas energias na tentativa de tomar o poder do Estado em um golpe. A próxima tentativa notável das empresas de coordenação e mobilização também foi através de uma ação política, novamente com o intuito de tomar controle do Estado, somente desta vez a estratégia seria uma guerra de classes metódica e a longo prazo.

Em 1971 o futuro juiz da Corte Suprema Lewis Powell distribuiu em um círculo de empresários um relatório cuja intenção era politizar os capitães da indústria como forma de resistência ao legado do New Deal e da Great Society. O relatório fora escrito como um manual neoliberal.

“o sistema econômico Americano está sendo atacado. As empresas devem aprender a lição … de que o poder político é necessário; e que tal poder deve ser cultivado de modo assíduo; e que quando for necessário ele deve ser usado agressivamente e com determinação – sem vergonha e sem a relutância que tem sido tão característica das empresas Americanas … A força está na organização, no planejamento cuidadoso e na implementação a longo prazo, em ações consistentes ao longo de um período indefinido de tempo, e em uma escala financeira que só está disponível através da ação conjunta, e no poder político que só está disponível através da ação conjunta e de organizações nacionais.”

Em seu livro notável Winner-Take-All Politics, os cientistas políticos Jacob Hacker e Paul Pierson descrevem o contra-ataque organizacional das empresas como “sendo uma versão doméstica do Choque e Pavor.” As realizações foram impressionantes: “O número de corporações com escritórios de assuntos públicos em Washington cresceu de 100 em 1968 para mais de 500 em 1978. Em 1971 somente 175 empresas tinhas lobistas registrados em Washington, mas em 1982 haviam quase 2500. O número de Comitês de Ação Política (PAC) cresceu de menos de 300 em 1976 para mais de 1200 em meados dos anos 1980.

Em todas as dimensões de atividade política corporativa os números revelam uma rápida e dramática mobilização dos recursos das empresas em meados dos anos 1970.” Este período também viu o nascimento de mega-organizações militantes representantes tanto de pequenas quanto de grandes empresas. Em 1972 a Mesa Resonda de Negócios foi formada, e a sua associação incluía os CEOs de 113 das 200 empresas do topo da lista de revista Fortune. O presidente tanto da Mesa Redonda quando da Exxon nos primeiros anos do mandato de Reagan, Clifton Garvin, disse “A Mesa Redonda tenta trabalhar com qualquer partido político que esteja no poder … como um grupo a Mesa Redonda trabalha com todos os governos na medida em que nos deixam.”

A Câmara de Conferência (Conference Board) focou ainda mais o capital ao unir executivos de empresas particularmente bem posicionados para entrar em contato pessoalmente com legisladores-chave. A Câmara desenvolveu uma agenda engenhosa: aprender as táticas dos grupos de interesse público e do trabalho organizado para poder subverter a agenda desses grupos. A Mesa Redonda e a Câmara de Conferência fizeram lobbies e estabeleceram relações com funcionários do Congresso. As organizações representantes de empresas menores também cresceram rapidamente nos anos 1970.

Com o custo unitário mais alto, e sem o poder de estabelecer preços que só os oligopólios têm para poder balancear os custos administrativos da regulamentação, as empresas estavam altamente motivadas a se mobilizar. A Câmara do Comércio e a Federação Nacional das Empresas Independentes dobraram o número de seus membros, tendo a Câmara triplicado o seu orçamento. Foi durante este período que a presença corporativa em Washington tornou-se manifestamente presente. Enquanto as empresas sempre foram bem representadas na capital federal, as câmaras legislativas jamais tinham visto tamanha corporativação.

Mas a estratégia corporativa não se limitava a somente subornar políticos. As maiores organizações aprenderam a sua lição vendo seus antagonistas, os grupos de interesse público, avançando a demanda popular por mais regulamentação e trabalho organizado. A contrarevolta das empresas imitou a estratégia desses grupos. Os grupos corporativos fizeram uso de seus amplos recursos, incluindo técnicas sofisticadas de propaganda e comunicação para organizar campanhas em massa compostas de um grupo heterogêneo de acionistas, empresas locais, empregados e empresas mutuamente dependentes, como fornecedores e varejistas.

Washington iria sofrer uma torrente de ligações, petições e cartas avançando os interesses das empresas. Em pouco tempo as elites ultrapassaram tanto as organizações de serviços públicas quanto os trabalhadores organizados no que eles faziam de melhor – organização de baixo para cima. Dentro de dez anos o controle corporativo estava bem estabelecido. Nos anos 1980 os PACs corporativos repassaram cinco vezes mais dinheiro a aqueles que avançavam seus interesses no congresso do que eles tinham feito nos anos 1970.

O programa da infraestrutura política do capital unido iria desfazer as políticas e prioridades do Estado que tinham gerado a redistribuição de renda e o ativismo dos trabalhadores através da limitação do capital e do aumento do poder dos trabalhadores por quase três décadas. Em suma, o legado do New Deal e da Great Society tinha que ser desfeito. Mas estes eram projetos político-econômicos que iriam requer um impulso continuado do Estado para poder continuarem a ter efeito.

O capital mobilizado tinha que capturar o Estado e o tornar inoperativo para os fins dos proletários. O Estado tinha que ser reconstituído explicitamente como um Estado capitalista já que a elite o via até então como organizado para os trabalhadores e contra o capital. Para tanto, era requerido o equivalente funcional de um golpe de Estado. E houve um golpe.

O ex economista chefe do Fundo Monetário Internacional, Simon Johnson, escreveu em um dos maiores semanários sobre “a reemergência de uma oligarquia financeira americana” em “O Golpe Silencioso”, The Atlantic (Maio 2009). Johnson deixou claro que não tinha a intenção de usar “golpe” como um floreio retórico nem como uma metáfora. O capital financeiro tinha efetivamente privatizado o Estado. O neoliberalismo havia sido bem sucedido não só em permanentemente garantir um governo reacionário, mas tinha capturado o próprio Estado.

Anteriormente, uma mudança de governo - por exemplo do governo de Eisenhower para o de Kennedy – poderia levar a uma mudança significativa nas políticas domésticas dentro do contexto de um Estado Keynesiano. Já o neoliberalismo procurou mudar as prioridades mais fundamentais do Estado. Missão Cumprida: O Estado Neoliberal Privatizado Todos os principais países capitalistas se desindustrializaram nos últimos trinta anos.

A capacidade industrial do Ocidente já está demasiadamente madura, a produção de widgets tem explicado a queda na porcentagem do total da produção, do total de empregos e do total de lucros nestes países que uma vez foram democracias. A participação do FIRE tem aumentado, e seus chefes agora dão as cartas. Esses acontecimentos ocorreram concomitantemente com uma sequência de crises financeiras (2) . Esta configuração requer muito mais – ao invés de menos – atuação do governo na vida econômica. Resgatar ou não resgatar – e quem deve ser resgatado às custas de quem? Como a produção pode prosperar se o clima econômico atual aumentou a concorrência entre os países desenvolvidos desindustrializados, e com os mercados emergentes prontos a entrar na briga?

As respostas para estas perguntas são claras. A elite financeira recebe tudo, enquanto que a produção é “reestruturada” como um setor de salários baixos que tem como alvo os mercados que mais crescem no mundo, que não estão nas metrópoles imperiais. A taxa de desemprego deve ser mantida alta até que os salários baixem o suficiente para fazer com que os EUA se torne um concorrente no mercado global. Nada disso poderia começar a ser feito sem a união do Estado com os interesses corporativos.

O resgate financeiro e a resestruturação da indústria automobilística feita por Obama são os exemplos mais claros disto. O novo Estado deve se tornar – ou se tornou? - um Estado capitalista, mas não no sentido trivial de ser um Estado em um país capitalista, e sim como um Estado que é de forma não ambígua a favor das grandes riquezas . Colocando o caráter de classe do Estado na agenda política O governo não é o mesmo que o Estado. As alternativas de governo – Republicano ou Democrata – dentro do contexto de um Estado neoliberal anti-Keynesiano devem ser tão limitadas a ponto de não figurarem como alternativas.

Já deveríamos esperar que não houvesse nada de diferente entre os partidos, dada a dissolução das funções sociais do Estado no período pós-guerra. Se o que sobrou do New Deal e da Great Society for considerado pelos administradores do Estado como a “religião antiga”, como Obama as caracterizou em A Audácia da Esperança, então as políticas alternativas devem ser uma bagatela, da perspectiva dos interesses da classe dos trabalhadores, e as pseudo-disputas entre os partidos devem ser vistas como não sendo importantes. O desdobramento histórico do capitalismo norteamericano colocou o caráter de classe do Estado diretamente na agenda política. Isso foi a prioridade número um da plutocracia por um longo período de tempo.

Está mais claro do que nunca para muitos americanos que todo o estabelecimento político não está preparado e não quer lidar com a economia e com o Estado a partir dos interesses dos trabalhadores. As preocupações da classe dominante do Estado neoliberal homogeniza as opções de políticas e torna a politica partidária padrão odiosa e obsoleta. Um programa político de esquerda efetivo deve dar aos seus constituintes uma concepção radicalmente revisada do que significa fazer política. E não menos importante é a formação de uma prática política que encarna de modo atrativo esta reconcepção radical. Um OWS independente é exatamente como tal prática se pareceria em seu estágio embrionário. Muito depende de como tal movimento irá se desenvolver.

Notas

1) Referências à política Keynesiana requer a lembrança de de Keynes encorajava uma política econômica muito mais radical do que o New Deal e a Great Society ofereciam. Talvez a prescrição Keynesiana mais negligenciada seja a insistência de que a politica fiscal e os empregos criados pelo governo não são ferramentas com uso limitado a recessões. Keynes acreditava que o pleno emprego requeria um estimulo constante do governo, mesmo durante períodos de expansão econômica.

(2) Economias e empréstimos (começo dos anos 1980), a crise da dívida Mexicana (1982), o colapso do peso Mexicano (1994, um ano depois da aprovação da NAFTA), a crise financeira asiática (1997), A desvalorização e calotes Russos (1998), a crise da dívida Argentina (2001), Enron (2001), Worldcom (2002), as bolhas das companhias .com no final dos anos 1990 e a atual turbulência, que não tem precedentes de seu tipo na história do capitalismo.

(*) Alan Nasser é Professor Emeritus de Economia Política no Evergreen State College em Olympia, Washington. Este texto é uma adaptação de seu livro que está sendo escrito, O “Novo Normal”: Austeridade Crônica e o Declínio da Democracia. Ele pode ser contatado em nassera@evergreen.edu Tradução: Márcio Larruscahim http://www.cartamaior.com.br/templates/materiaMostrar.cfm?materia_id=19009

Discurso q não foi lido na Comissão da Verdade

Por Vera Paiva Seguem as anotações da minha fala que foi cancelada, segundo os jornais, por pressão dos militares. Assim começa muito mal… Não fui desconvidada, simplesmente não falei! A minha volta diziam que a Presidenta Dilma tinha que viajar e encurtaram a cerimônia, que alguém tinha falado um tempo a mais. Sai para uma reunião na UNB, ainda emocionada com o carinho que dispensou aos familiares e ex-presos políticos, um a um. Agora entendo o pedido de desculpas da Ministra Maria do Rosário. Sexta-feira, 18 de Novembro de 2011, 11:00. Palácio do Planalto, Brasília. Excelentíssima Sra. Presidenta Dilma, querida ministra dos Direitos Humanos Maria do Rosário. Demais ministros presentes. Senhores representantes do Congresso Nacional, das Forças Armadas. Caríssimos ex-presos políticos e familiares de desaparecidos aqui presentes, tanto tempo nessa luta. Agradecemos a honra, meu filho João Paiva Avelino e eu, filha e neto de Rubens Paiva, de estarmos aqui presenciando esse momento histórico e, dentre as centenas de famílias de mortos e desaparecidos, de milhares de adolescentes, mulheres e homens presos e torturados durante o regime militar, o privilégio de poder falar. Ao enfrentar a verdade sobre esse período, ao impedir que violações contra direitos humanos de qualquer espécie permaneçam sob sigilo, estamos mais perto de enfrentar a herança que ainda assombra a vida cotidiana dos brasileiros. Não falo apenas do cotidiano das famílias marcadas pelo período de exceção. Incontáveis famílias ainda hoje, em 2011, sofrem em todo o Brasil com prisões arbitrárias, seqüestros, humilhação e a tortura. Sem advogado de defesa, sem fiança. Não é isso que está em todos os jornais e na televisão quase todo dia, denunciando, por exemplo, como se deturpa a retomada da cidadania nos morros do Rio de Janeiro? Inúmeros dados indicam que especialmente brasileiros mais pobres e mais pretos, ou interpretados como homossexuais, ainda são cotidianamente agredidos sem defesa nas ruas, ou são presos arbitrariamente, sem direito ao respeito, sem garantia de seus direitos mais básicos à não discriminação e à integridade física e moral, que a Declaração dos Direitos Humanos consagrou na ONU depois dos horrores do nazismo em 1948. Isso tudo continua acontecendo, Excelentíssima Presidenta. Continua acontecendo pela ação de pessoas que desrespeitam sua obrigação constitucional e perpetuam ações herdeiras do estado de exceção que vivemos de modo acirrado de 1964 a 1988. O respeito aos direitos humanos, o respeito democrático à diferença de opiniões assim como a construção da paz se constrói todo dia e a cada geração! Todos, civis e militares, devemos compromissos com sua sustentação. Nossa história familiar é uma entre tantas registradas em livros e exposições. Aqui em Brasília a exposição sobre o calvário de Frei Tito pode ser mais uma lição sobre o período que se deve investigar. Em março deste ano, na inauguração da exposição sobre meu pai no Congresso Nacional, ressaltei que há exatos 40 anos o tínhamos visto pela última vez. Rubens Paiva, que foi um combativo líder estudantil na luta “Pelo Petróleo é Nosso”, depois engenheiro construtor de Brasília, depois deputado eleito pelo povo, cassado e exilado em 1964. Em 1971 era um bem sucedido engenheiro, democrata preocupado com o seu país e pai de 5 filhos. Foi preso em casa quando voltava da praia, feliz por ter jogado vôlei e poder almoçar com sua família em um feriado. Intimado, foi dirigindo seu carro, cujo recibo de entrega dias depois é a única prova de que foi preso. Minha mãe, dedicada mãe de família, foi presa no dia seguinte, com minha irmã de 15 anos. Ficaram dias no DOI-CODI, um dos cenário de horror naqueles tempos. Revi minha irmã com a alma partida e minha mãe esquálida. De quartel em quartel, gabinete em gabinete passou anos a fio tentando encontrá-lo, ou pelo menos ter noticias. Nenhuma notícia. Apenas na inauguração da exposição em São Paulo, 40 anos depois, fizemos pela primeira vez um Memorial onde juntamos família e amigos para honrar sua memória. Descobrimos que a data em que cada um de nós decidiu que Rubens Paiva tinha morrido variava muito, meses e anos diferentes…Aceitar que ele tinha sido assassinado, era matá-lo mais uma vez. Essa cicatriz fica menos dolorida hoje, diante de mais um passo para que nada disso se repita, para que o Brasil consolide sua democracia e um caminho para a paz. Excelentíssima Presidenta: temos muitas coisas em comum, além das marcas na alma do período de exceção e de sermos mulheres, mãe, funcionária pública. Compartilhamos os direitos humanos como referência ética e para as políticas públicas para o Brasil. Também com 19 anos me envolvi com movimentos de jovens que queriam mudar o pais. Enquanto esperava essa cerimônia começar, preparando o que ia falar, lembrava de como essa mobilização começou. Na diretoria do recém fundado DCE-Livre da USP, Alexandre Vanucci Leme, um dos jovens colegas da USP sacrificados pela ditadura, ajudei a organizar a 1ª mobilização nas ruas desde o AI-5, contra prisões arbitrárias de colegas presos e pela anistia aos presos políticos. Era maio de 1977 e até sermos parados pelas bombas do Coronel Erasmo Dias, andávamos pacificamente pelas ruas do centro, distribuindo uma carta aberta a população cuja palavra de ordem era HOJE, CONSENTE QUEM CALA. Acho essa carta absolutamente adequada para expressar nosso desejo hoje, no ato que sanciona a Comissão da Verdade. Para esclarecer de fato o que aconteceu nos chamados anos de chumbo; quem calar consentirá, não é mesmo? Se a Comissão da Verdade não tiver autonomia e soberania para investigar, e uma grande equipe que a auxilie em seu trabalho, estaremos consentindo. Consentindo, quero ressaltar, seremos cúmplices do sofrimento de milhares de famílias ainda afetadas por essa herança de horror que agora não está apoiada em leis de exceção, mas segue inquestionada nos fatos. A nossa carta de 1977, publicada na primeira página do jornal o Estado de São Paulo no dia seguinte, expressava a indignação juvenil com a falta de democracia e justiça social, que seguem nos desafiando. O Brasil foi o último país a encerrar o período de escravidão, os recentes dados do IBGE confirmam que continuamos um país rico, mas absurdamente desigual… Hoje somos o último país a, muito timidamente mas com esperança, começar a fazer o que outros países que viveram ditaduras no mesmo período fizeram. Somos cobrados pela ONU, pelos organismos internacionais e até pela Revista Economist, a avançar nesse processo. Todos concordam que re-estabelecer a verdade e preservar a memória não é revanchismo, que responsáveis pela barbárie sejam julgadas, com o direito a defesa que os presos políticos nunca tiveram, é fundamental para que os torturadores de hoje não se sintam impunes para impedir a paz e a justiça de todo dia. Chile e Argentina já o fizeram, a África do Sul deu um exemplo magnífico de como enfrentar a verdade e resgatar a memória. Para que anos de chumbo não se repitam, para que cada geração a valorize. Termino insistindo que a DEMOCRACIA SE CONSTRÓI E RECONSTRÓI A CADA DIA. Deve ser valorizada e reconstruída a CADA GERAÇÃO. E que hoje, quem cala, consente, mais uma vez. Obrigada. *** Depois de saber que fui impedida de falar ontem (sexta-feira), lembro de um texto de meu irmão Marcelo Paiva em sua coluna, dirigida aos militares: “Vocês pertencem a uma nova geração de generais, almirantes, tenentes-brigadeiros. Eram jovens durante a ditadura (…) Por que não limpar a fama da corporação? Não se comparem a eles. Não devem nada a eles, que sujaram o nome das Forças Armadas. Vocês devem seguir uma tradição que nos honra, garantiu a República, o fim da ditadura de Getúlio, depois de combater os nazistas, e que hoje lidera a campanha no Haiti.” Do Portal Carta Maior

quarta-feira, 16 de março de 2011

O direitista Piñera:um ano de retrocesso no Chile

El primer año de gobierno de Sebastián Piñera: entre el desconcierto y la emergencia

*María de los Ángeles Fernández


El triunfo de la derecha en la quinta elección presidencial en Chile después del retorno a la democracia en 1990 no dejó de ser una sorpresa, especialmente por su controvertido rol en el quiebre de la democracia en Chile en 1973.
La forma en que asumió el poder, en medio de las réplicas del megasismo que asoló al país el 27 de febrero de 2010, ofrece un contexto marcado por la emergencia. Basta señalar que 48% de los proyectos aprobados correspondió a iniciativas vinculadas a la reconstrucción. A ello se sumó el exitoso rescate de 33 mineros. El hecho, que develó las deplorables condiciones laborales en las minas, le permitió a Sebastián Piñera hablar de la “chilean way”, entendida como una forma de hacer las cosas bien y con sentido de urgencia.
El 11 de marzo se cumple un año de su instalación, lo que da la oportunidad para un primer balance de su gestión. ¿En función de qué criterios? El más inmediato es la revisión de sus promesas de campaña. El actual presidente prometió que haría lo mismo que sus antecesores, aunque mejor, bajo la consigna de “la nueva forma de gobernar”. Sus prioridades fueron crecimiento económico, más empleo y combate a la delincuencia. Bajo esos parámetros debería tener una buena nota: Chile recuperó la senda del crecimiento, el nivel de empleo ha crecido y los índices de temor y de victimización muestran un descenso.
Pero las encuestas dicen otra cosa. Rompiendo una tendencia habitual en el país, su popularidad ha estado por debajo de la de su equipo, salvo por el momento estelar que supuso el rescate minero. Algo también inusual es que, por momentos, la desaprobación es mayor que la aprobación. Una primera explicación alude a su déficit en aquellos atributos que Michelle Bachelet introdujo en la política chilena: honestidad, cr edibilidad y cercanía. Otros esgrimen que no separó sus negocios de la política con la celeridad esperada. Una tercera señalaría que el contraste entre buenos indicadores objetivos y la evaluación subjetiva crítica pasa porque, si bien se crearon nuevos empleos (la mayoría en la categoría “por cuenta propia”), estos están lejos de ser buenos empleos.
Pero lo que más debate viene generando es su estilo de liderazgo. En un país orgulloso de su solidez institucional, la prensa habla de “piñerismo” para reflejar su exacerbado personalismo. Sus propios partidos resintieron, desde el comienzo, el carácter tecnocrático de su gabinete y la poca consideración que merecen, especialmente la Unión Demócrata Independiente. Luego de la movilización de la región de Magallanes por el alza del precio del gas, Piñera realizó su primer cambio ministerial, integrando a dos senadores con experiencia política. Está por verse si ello solucionará las deb ilid ades políticas de un gobierno que, además de no lograr ordenar razonablemente sus propias filas, no cuenta con mayoría parlamentaria.
Algunas de sus decisiones han resultado desconcertantes como, por ejemplo, el alza de impuestos para financiar la reconstrucción. El intento por sumar temas ajenos a las preocupaciones de su sector como el medio ambiente o los derechos humanos y deslastrarse, de paso, de la derecha tradicional, ha llevado a acuñar la expresión Nueva Derecha, inspirada esencialmente en la forma en que David Cameron, en el Reino Unido, supo arrebatar al Laborismo emblemáticas banderas de lucha. Mientras tanto, las entrañas del gobierno se ven tensionadas entre liberales y conservadores, especialmente en los llamados temas valóricos. En el campo de la igualdad de género, visibilizado por Bachelet como un asunto de Estado, se ha retrocedido a una visión familista y conservadora. A ello se suma el intento por desmantelar la institucionalida d de g énero, creada en 1990 y reconocida internacionalmente.
En cuanto a la Concertación, devenida en una parte de la oposición, además de estar situada en el Congreso se ve desafiada a constituir la oposición social y cultural que no tiene. Desplegó un comportamiento errático, parcialmente entendible por el escaso margen que ofrece un régimen hiperpresidencial. Por otro lado, se ha visto internamente tensionada entre lógicas inerciales y demandas por configurar un nuevo referente que avance hacia una nueva mayoría social y política.
Ad portas de su segundo año, mientras el gobierno ha prometido que impulsará “siete reformas estructurales” a fin de acallar a quienes critican la insuficiencia de un relato meramente eficientista, se levantan dos tipos de voces: las que afirman que, por la continuidad, se asiste a un “quinto” gobierno de la Concertación y aquellas que advierten intenciones de refundación política y en la que los embates privati zadores constituirían, apenas, un aspecto más.

Publicado originalmente na revista Nueva Sociedade - março de 2011