sábado, 12 de março de 2022

Espinosa e Frnando Pessoa

 Espinosa- Fernando Pessoa  

De Cecílio: " Ah Sentir tudo de todos os feitios! Não ter substância --- só modos só desvios --- Alma vista de uma estrada que vira a esmo Seja eu leitura variada Para mim mesmo!" F. Pessoa
" Porque a vida, a vida, a vida só é possível reinventada " Cecília Meireles

quinta-feira, 17 de fevereiro de 2022

Réveil anticolonial africain et retour des argumentaires coloniaux en France

 

Réveil anticolonial africain et retour des argumentaires coloniaux en France

Le néocolonialisme français est confronté sur le continent africain à une remise en cause sans précédent depuis son installation au moment des indépendances. Du Mali au Burkina Faso en passant par le Niger des manifestations populaires contre la présence des troupes françaises se multiplient depuis 2015. La tentative d’isolement du nouveau gouvernement malien signe un échec flagrant pour Macron. Elle a eu en effet deux résultats incontestables : une mobilisation d’une partie majoritaire peuple malien pour soutenir le nouveau gouvernement face aux pressions internationales d’une part et la montée dans l’ensemble de la région et au-delà de ce que le journaliste Rémi Carayol nomme « les sentiments antifrançais[i] » d’autre part. La couverture médiatique dominante de la séquence dans l’hexagone est pour sa part marquée par le retour des argumentaires coloniaux de la décennie cinquante : la manipulation internationale, l’annonce d’un avenir catastrophique dans le cas d’une « rupture » avec Paris, la diabolisation des politiques africains indociles, etc.

MALI - SOCIAL - DEMONSTRATION - PRO-FAMAS AND ANTI-FRENCH DEMONSTRATION

Demonstration officially supporting FAMAS, but also anti-French, Place de l’Independance, Bamako, November 15, 2019. Manifestation officiellement de soutien aux FAMAS, mais aussi anti-française, place de l’Independance, Bamako, 15 novembre 2019. (Photo by Amaury BLIN / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Le sous-bassement économique

 Il est devenu fréquent d’affirmer l’absence de sous-bassement économique à la politique africaine de la France. Même des analystes se disant « anticapitalistes » s’autorisent à taxer de caricaturales les analyses soulignant les enjeux économiques de l’interventionnisme militaire français sur le continent.  Le cas de l’Uranium du Niger peut servir d’analyseur à cette rhétorique à prétention savante. Le magazine économique L’Usine nouvelle titre par exemple un article de novembre 2019 comme suit : « Non la France n’est pas au Mali pour protéger les mines d’uranium d’Orano » en expliquant que « traquer les intérêts privés derrière l’intervention française au Mali, c’est faire semblant d’ignorer que le Sahel est le grand foyer de terrorisme le plus proche de nous ». C’est donc uniquement pour se protéger elle-même du terrorisme que la France et l’Europe interviennent militairement au Sahel. L’intérêt des peuples africains à mettre fin au terrorisme convergerait ainsi avec l’intérêt français à se protéger du même fléau. Les analyses de ce type mettent en exergue que l’uranium nigérien n’arrivent qu’en troisième position dans les importations françaises d’uranium après le Kazakhstan et l’Australie et juste avant l’Ouzbékistan. Depuis la fermeture de la dernière mine d’uranium dans l’hexagone en 2001 les importations d’uranium se répartissent comme suit pour ma période 2005-2020 : Kazakhstan (20.1 %), Australie (18.7 %), Niger (17.9 %) et Ouzbékistan (16.1 %)[ii], etc.

Ajoutons que ces données ne concernent que les importations de la multinationale française Orano (ex AREVA). Il convient de les compléter avec d’autres importations françaises d’uranium enrichi. Une fois enrichi aux Pays-Bas ou en Allemagne, de l’uranium nigérien ou kazakh apparait dans les statistiques comme issu de ces pays.  L’état de la statistique ne permet donc pas de dresser un tableau réel précis de la provenance de l’uranium consommé par EDF. Le choix de baser la politique de l’énergie française sur le pilier quasi-unique du nucléaire assure certes une « indépendance énergétique » mais sur la base d’un interventionnisme politique et militaire en Afrique de l’Ouest et dans les ex républiques soviétiques d’Asie centrale. Même en se limitant à l’uranium produit par la multinationale Orano, le parc nucléaire français serait brusquement et considérablement ralenti par la fin de la source nigérienne. S’il est pertinent de souligner la diversification des origines de l’uranium consommé en France, il est essentiel de compléter ce constat par un autre : chacune des quatre grandes sources d’importation est suffisamment importante pour mettre en difficulté la machine économique française en cas de disparition ou d’affaiblissement important de ces sources. Alors que 72 %[iii] de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire en 2018 on comprend aisément l’ampleur de l’enjeu nigérien ou kazakh pour les multinationales françaises.

Les secteurs du pétrole et du gaz soulignent les enjeux géoéconomiques des mêmes espaces géographiques. Ainsi en 2020 c’est 30 % du pétrole importé en France qui provient d’Afrique (Algérie 10.3 % ; Nigéria 9.6 % ; Lybie 2.7 %, etc.), 26.2 % des pays de l’ex-URSS (dont 8.7 % de Russie) et 15.5 % du Moyen-Orient (dont 11.8 % d’Arabie Saoudite)[iv]. Avec une dépendance plus faible, le secteur du gaz est déterminé par les mêmes enjeux géostratégiques. Si 36 % du gaz consommé en France est d’origine norvégienne, la Russie vient juste après (avec 17 %) suivie de l’Algérie (8 %), des Pays-Bas (8 %) et du Nigéria (7%), etc.  N’en déplaise à ceux qui sous prétexte de rompre avec les « explications économiques simplistes » en arrive à nier le sous-bassement économique de la politique étrangère française, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’ex-URSS constituent des secteurs névralgiques pour les intérêts des multinationales françaises.

La demande chinoise et ses effets africains

Le développement économique chinois de ces dernières décennies constitue un véritable séisme dans les rapports entre la France et l’Union Européenne d’une part et le continent africain d’autre part. Le besoin en matière-première énergétiques de Pékin liés à cette croissance économique a conduit à de nombreux contrats entre la Chine et les différents pays africains. Dans le domaine de l’uranium le gouvernement namibien ouvrait une mine géante à Husab fin 2016 ruinant ainsi un des rêves les plus important d’AREVA. Au Niger la concession attribuée à la multinationale française Orano en 2009 n’est toujours pas exploitée. « Censé produire 5000 tonnes d’uranium chaque année, Imouraren n’a toujours pas été mise en exploitation, Orano invoquant le mauvais cours de l’uranium sur le marché mondial » résume le journaliste Francis Sahel. La crainte de voir le gouvernement nigérien se tourner vers la Chine pour l’exploitation de son uranium n’est pas une vue de l’esprit compte-tenu des besoins dans cette matière-première de Pékin. Engagé dans une transition énergétique de grande ampleur devant diminuer considérablement la part du charbon, le pays est engagé dans la construction de plus de 134 réacteurs nucléaires à un rythme de six à huit centrales par an. Au total les besoins chinois en uranium s’évaluent à 35 000 tonnes par an. A l’heure actuelle plus de 70 % de cet uranium est importé d’Australie et du Canada, deux alliés des Etats-Unis qui ne cachent pas leur volonté d’asphyxier économiquement la Chine en lui rendant plus difficile l’accès aux matières-premières[v]. Si à terme la politique énergétique chinois prévoit de puiser cet uranium dans l’eau de mer, il lui faut pour une période longue de transition trouver de nouvelles sources d’approvisionnement.

La situation est similaire en ce qui concerne le gaz, le pétrole, de nombreuses autres matières-premières et produits agricoles. L’ampleur de la croissance de la demande chinoise en Afrique est certes différente pour chacune de ces productions mais cette hausse est quasi-générale. Les effets d’une telle situation sont résumés comme suit par les auteurs du livre « La Chine en Afrique. Menace ou opportunité pour le développement ? » :

Aussi l’arrivée d’un nouvel acteur de poids dans la partie, vierge de toute histoire coloniale en Afrique et peu exigeant dans l’octroi de ses financements est-elle envisagée comme la possibilité de dénouer ces liens de dépendance et d’élargir l’étroite marge de manœuvre dont disposent les pays africains. Dans cette perspective, la présence chinoise en Afrique […] peut-être considérée comme salutaire. Ces nouveaux acteurs apportent non seulement à l’Afrique de nouvelles ressources financières, dans un contexte de rareté relative, mais ils créent aussi une « nouvelle pression compétitive » sur les bailleurs de fond établis. Et ils ouvrent aux pays africains de nouveaux espaces politiques susceptibles à terme de leur permettre d’échapper à l’orthodoxie libérale et de définir une trajectoire propre, non prescrite et non conditionnée de développement[vi].

Le face à face inégalitaire entre chaque pays africain et son ancienne puissance coloniale [ou avec des entités comme l’Union Européenne ou les Etats-Unis] tend à se distendre au profit d’un horizon des possibles plus large. C’est dans ce nouveau contexte global africain installé durablement depuis le début du siècle que se déploient les crises sécuritaires contemporaines en Afrique de l’Ouest. Ces crises ont certes des facteurs multiples mais deux d’entre eux possèdent des effets de grande portée. Le premier facteur est le long processus d’affaiblissement des capacités d’intervention [économiques, politiques, sécuritaire, éducative, sanitaire, etc.] des Etats africains consécutif à près d’un demi-siècle d’imposition des plans d’ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale. Privatisations et libéralisations contraintes ont affaiblis les capacités concrètes des Etats à construire des nations : des régions entières sont laissées à l’abandon, une inégalité territoriale s’est installée, la paupérisation a atteint des niveaux inédits depuis les indépendances, etc. Le second facteur est la destruction violente de la Lybie et ses effets de déstabilisation durables sur l’ensemble de la région. Une décennie après la destruction de la Lybie les métastases de celle-ci prospèrent dans la plupart des pays de la région en exacerbant les contradictions nationales antérieures issues des carences de construction nationale, elles-mêmes surdéterminées par les politiques néolibérales des plans d’ajustement structurels.

Le retour des argumentaires coloniaux

Les débats politiques et médiatiques qui accompagnent les différents épisodes de la crise du néocolonialisme français en Afrique se caractérisent par la forte récurrence de deux logiques argumentaires : la « main de l’extérieur » d’une part et « le catastrophisme » en cas de retrait de l’armée française de la région d’autre part. La première est largement mise en avant médiatiquement pour expliquer ce qui est appelé trop facilement le pseudo « sentiment anti-français »[vii]. L’émission « Cdans l’air » du 13 février 2022 titre ainsi « la montée du sentiment anti-français au Mali ». Elle semble faire écho à une émission antérieure de deux ans de France 24 qui titrait « En Afrique le sentiment anti-français se développe[viii] ». Le concept vague de « sentiment anti-français » est tout autant présent dans la presse écrite. Le Figaro titre ainsi un article du 20 janvier 2022 : « sanctions, manifestations, sentiment anti-français[ix] ». Libération du 26 novembre 2021 utilise la même notion indéfinie en titrant « « sentiment anti-français » en Afrique[x] ». S’il est vrai que depuis plus d’une décennie un mouvement d’opposition à la politique économique française et européenne en Afrique se développe en particulier dans la jeunesse [contre le franc CFA, contre les Accords de Partenariat Economique de l’Union Européenne, etc.], le réduire à un « sentiment anti-français » revient consciemment ou non à le dépolitiser, à le renvoyer à une dimension uniquement subjective, voire à le renvoyer à l’irrationalité. De même la contestation de la politique française de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest ou la critique de ses buts de guerre sont réduites au même « sentiment anti-français » avec les mêmes conséquences de dépolitisation d’une contestation sociale. Et comme ces mouvements se voient déniés toute dimension politique, il ne reste qu’une attribution causale pour les expliquer : « la main de l’extérieur » et en l’occurrence ici de la Chine et de la Russie. Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian explique ainsi le 21 novembre 2021 : « Il y a des manipulateurs, par des réseaux sociaux, par des fausses nouvelles, par l’instrumentalisation d’une partie de la presse, qui jouent contre la France, certains parfois même inspirés par des réseaux européens, je pense à la Russie[xi] ». Les « peuples enfants » africains seraient ainsi manipulés par cette « main extérieure ». Pourtant dans un article daté de juin 2015 c’est-à-dire avant le retour du pseudo « sentiment anti-français », nous annoncions le développement de ce que nous proposions d’appeler « une nouvelle génération anticoloniale » en Afrique[xii].  

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Le concept de « sentiment anti-français » et son lien avec la grille explicative en termes de « main extérieure » est loin d’être nouveau. On retrouve l’un et l’autre au moment du développement des luttes de libération nationale de la décennie cinquante. C’est ainsi la main de « Moscou » ou du « Caire » qui est invoqué pour expliquer l’insurrection algérienne et celle de Moscou et de Pékin pour rendre compte de la révolution vietnamienne. Ces insurrections nationales ne pouvant pas s’expliquer par des causes internes [c’est-à-dire par le refus de la colonisation], elle ne pouvait être présenté que comme une agression étrangère camouflée en guerre de libération nationale.  Ainsi par exemple le ministre des affaires étrangères français Christian Pineau déclare le 2 mars 1957 que « derrière certaines formes d’insurrection se trouve le désir de certaines puissances de recueillir l’héritage de la France en Afrique du Nord[xiii] ».  L’historien Charles Robert Ageron résume comme suit la thèse de la « main extérieure » au moment du déclenchement de l’insurrection algérienne : « La thèse du complot de l’étranger dans le déclenchement de l’insurrection algérienne fut la réaction immédiate des autorités d’Alger. Le gouverneur général Léonard avait assuré qu’en novembre l954 que « les émeutiers avaient obéi à un mot d’ordre étranger ». Les divers services de renseignements avaient abouti en 1955 aux conclusions suivantes : la rébellion avait son centre au Caire, elle était animée et armée par les services secrets égyptiens. Bref, la révolution égyptienne avait déclenché une guerre contre la France par Maghrébins interposés[xiv]. »

La seconde logique argumentaire à forte récurrence médiatique contemporaine, en particulier à propos du Mali, est celle du catastrophisme. Elle est en particulier usitée fréquemment pour annoncer le chaos dans le cas du départ des troupes françaises du Sahel et/ou du Mali.  Dans les crises actuelles en Afrique de l’Ouest ce catastrophisme s’exprime sous des formes multiples mais avec un fond toujours identique : « La crainte du scénario afghan » [France Info], « Tensions France – Mali : ces similitudes qui font redouter un scénario à l’afghane » [L’express], « Au Mali, les craintes d’un scénario afghan » [l’Opinion] ; « Tombouctou, la peur du scénario afghan » [France Inter], etc. A cette première version du catastrophisme s’en ajoute une autre sous la forme du discours sur les « mercenaires de Wagner » qui annonceraient une mainmise russe sur la région et sur le Mali en particulier. L’implicite de cette version n’est rien d’autre que le principe du « choix du moins pire » posant que la situation catastrophique actuelle est préférable à toute autre alternative. Cette logique argumentaire n’est ni neuve ni originale. Elle aussi se retrouve fréquemment usitée au moment des luttes de libération nationale. Cette logique peut à la différence de la précédente s’accompagner d’un regard critique vis-à-vis de la politique coloniale et exiger sa réforme pour la rendre moins « inhumaine ». Elle se retrouve utilisée par un champ politique plus large. Ainsi le leader communiste Paul Caballero écrit-il en 1945 dans le journal l’Humanité : « Ceux qui réclament l’indépendance de l’Algérie sont des agents conscients ou inconscients d’un autre impérialisme. Nous ne voulons pas changer notre cheval borgne contre un aveugle[xv] ». Si Paul Cabalerro pense ici à « l’impérialisme états-unien », De Gaulle reprend la même logique argumentaire catastrophiste en 1959 en pensant lui à « l’impérialisme russe ». Envisageant l’hypothèse d’une indépendance totale de l’Algérie il prédit du « sang et des larmes » pour le peuple algérien : « Je suis, pour ma part, convaincu qu’un tel aboutissement serait invraisemblable et désastreux. L’Algérie étant actuellement ce qu’elle est, et le monde ce que nous savons, la sécession entraînerait une misère épouvantable, un affreux chaos politique, l’égorgement généralisé et, bientôt, la dictature belliqueuse des communistes[xvi]. »

Faut-il s’étonner de ce retour des argumentaires coloniaux ? Nous ne le pensons pas au regard de l’ampleur des enjeux stratégiques de l’Algérie en 1959 et de celle du Sahel en 2022. L’énergie en général et l’uranium en particulier sont déjà au rendez-vous en 1959 et ils le sont encore en 2022. Outre la question du gaz et du pétrole du Sahara algérien, une des causes de la durée de la guerre d’Algérie se trouve dans les essais nucléaires qui se déroulent dans le même Sahara. Le 13 février 1960 se déroulait en effet le premier essai nucléaire français sous le nom exotique de « Gerboise bleue ». Il est déjà réalisé avec de l’uranium africain en provenance de Madagascar. A l’heure ou les troupes françaises sont contraintes de quitter le Mali pour se redéployer vers des pays voisins, il est essentiel de ne pas occulter ces intérêts néocoloniaux dans la région. Faute d’une telle vigilance on se condamne à ne rien comprendre de la dynamique anticoloniale qui se déploie en Afrique de l’Ouest et plus largement. Faute d’une telle prise en compte du sous-bassement économique des décisions françaises, on se condamne à croire le discours de légitimation qu’est celui de « la lutte antiterroriste » et l’on devient de ce fait poreux aux argumentaires coloniaux les plus éculés.


[i] Rémi Carayol, Au Sahel, la flambée des sentiments antifrançais, Orient XXI, 14 novembre 2019, consultable sur le site https://orientxxi

[ii] Pierre Breteau, L’indépendance énergétique de la France grâce au Nucléaire : un tour de passe-passe statistique, Le Monde du 24 janvier 2002, consultable sur le site https://www.lemonde.fr

[iii] Quel est le mix énergétique en France ? document de Engie du 3 décembre 2021, consultable sur le site https://particuliers.engie.fr

[iv] Provenance du pétrole brut importé en France, INSEE, Statistiques et études du 24 décembre 2021, consultable sur le site https://www.insee.fr

[v] Yohan Demeure, La Chine désir puiser son uranium dans l’eau de mer, 10 juin 2021, consultable sur le site https://sciencepost.fr

[vi] Alternative sud, La Chine en Afrique. Menace ou opportunité de développement ? Points de vue du Sud, Syllepse, Paris, 2011, p. 19.

[vii] Cdans l’air du 13 février 2022, « la montée du sentiment anti-français au Mali », consultable à l’adresse https://www.youtube.com/watch?v=0QAF52bFjNc

[viii] France 24 du 14 janvier 2020, « En Afrique le sentiment anti-français se développe », consultable à l’adresse       https://www.youtube.com/watch?v=v57ISQpbggI

[ix] Hugues Maillot, « Sanctions, manifestations, sentiment anti-français : la délicate situation des expatriés au Mali », Le Figaro du 20 janvier 2022, consultable sur le site https://www.lefigaro.fr

[x] Maria Malagardis, « sentiment anti-français » en Afrique : « En huit ans, la présence militaire au Sahel n’a rien réglé, bien au contraire », Libération du 26 novembre 2021, consultable sur le site https://www.liberation.fr

[xi] Cité in Francis Lalanne, Entre Paris et Moscou, la guerre de l’information fait rage, L’express du 25 novembre 2021, consultable sur le site https://www.lexpress.fr

[xii] Saïd Bouamama, Les nouvelles générations africaines. Espoirs et vigilances, à l’adresse https://bouamamas.wordpress.com/2015/06/27/les-nouvelles-generations-africaines-espoirs-et-vigilances/

[xiii] Discours de Christian Pineau du 2 mars 1957, cité in Irwin M. Wall, Les Etats-Unis et la guerre d’Algérie, Soleb, Paris, 2006, p. 46.

[xiv] Charles Robert Ageron, L’opération Suez et la guerre d’Algérie, in Charles Robert Ageron (dir.), De « l’Algérie française » à l’Algérie algérienne, volume 1, Editions Bouchène, Alger, 2005, p. 549.

[xv] Discours de Paul Cabalerro au Xe congrès du PCF, L’Humanité du 30 juin 1945.

[xvi] Charles De Gaulle, Discours sur l’autodétermination de l’Algérie, 16 septembre 1959, reproduit in Jean-Marie Cotteret et René Moreau, Recherches sur le vocabulaire du général De Gaulles, Armand Colin, Paris, 1969, p. 68.

domingo, 13 de fevereiro de 2022

Semana de 22 ainda diz muito sobre a grandeza e a barbárie do Brasil de hoje OSÉ MIGUEL WISNIK bbb

 Semana de 22 ainda diz muito sobre a grandeza e a barbárie do Brasil de hoje

JOSÉ MIGUEL WISNIK

[resumo] Iniciada há cem anos, Semana de Arte Moderna de 22 extrapolou os contornos paulistas para tornar-se marco da vida brasileira no século 20. O embate de suas potências e limitações prefiguraram os impasses da instauração do moderno por aqui, nas artes e na sociedade, o que se manifesta hoje em um Brasil espremido entre a grandeza e a barbárie.

A Semana de Arte Moderna é, hoje, uma pauta cultural e midiática que rememora a eclosão de cenas de modernismo explícito em fevereiro de 1922 no Theatro Municipal de São Paulo. Neste domingo (13), a inauguração da Semana completa cem anos.

A cidade explodia na condição de polo do comércio mundial do café, passando em ritmo acelerado de província à miragem da metrópole ("risco de aeroplano entre Mogi e Paris", diz um verso irônico de Mário de Andrade na "Pauliceia Desvairada").

Nela, o peso tradicional das oligarquias contracenava com a presença de multidões, de imigrantes de variada proveniência e de movimentos operários incipientes mas já organizados, como se viu na greve geral de 1917, cujo impacto paralisou a cidade por vários dias.

A frenética expansão urbana se dava a reboque dos interesses privados, sem projeto que não fosse o da aliança do monopólio dos serviços de transporte, de água, de gás e de luz (controlados pela Light) com a especulação imobiliária. O pai de Oswald de Andrade, por exemplo, ficou mais rico do que já era loteando o bairro de Cerqueira César, enorme extensão entre a avenida Doutor Arnaldo e o largo da Batata.

O escritor, contudo, virará muitas vezes do avesso as marcas dessa origem, com seu "fundamental anarquismo" e suas espetaculares traições de classe, o que faz de sua figura, literariamente transfigurada em "Memórias Sentimentais de João Miramar" (1924) e em "Serafim Ponte Grande" (1933), uma espécie de Brás Cubas não póstumo, ativo e autoparódico, exibindo descaradamente em vida o descaramento de seus pares, com brilho sarcástico e fulminante.

A seu modo, a biografia de Oswald já é ela mesma um índice da história do crescimento anômalo de São Paulo e a perfeita tradução da cidade como "avesso do avesso", condição que ele levou a dimensões insuspeitadas e extraordinariamente fecundas.

A profusão de estilos arquitetônicos importados e misturados dava à paisagem urbana um quê de miscelânea e de pastiche, em um clima de hibridismo polifônico e "arlequinal".

O antropólogo Claude Lévi-Strauss, que foi professor da USP nos seus inícios, nos anos 1930, disse mais tarde que a metrópole dos tristes trópicos ostentava uma vida intelectual novidadeira até o limite da inconsequência mas, no extremo, surpreendente; que ladeava arranha-céus com terrenos baldios e quase selvagens; e que a metamorfose indômita que nela se vivia contribuiu mais, em poucos anos, para a sua própria chegada ao pensamento estruturalista que a longa convivência com as seculares e sedimentadas cidades europeias.

São Paulo era, na verdade, um acontecimento urbano e humano em que se insinuavam alguns aspectos da vida mental das metrópoles industriais, quando a sensibilidade é exposta, em modo de aceleração, à eletricidade dos estímulos, à exaltação e ao trauma.

Porém, tudo isso na periferia do capitalismo ("galicismo a berrar nos desertos da América", outro verso da "Pauliceia") e em atrito com o marasmo dos hábitos arraigados de uma cidade que tinha cerca de 20 mil habitantes em 1872, 60 mil em 1890, quase 600 mil em 1922 e 1 milhão em 1930. A curva demográfica fala por si só do tamanho do empuxo e do quanto o fenômeno paulista era diferente do Rio. São Paulo era uma onda em processo de arrebentação.

Uma cidade que deixava de ser provinciana sem chegar a ser cosmopolita, à força de suas próprias contradições gritantes, que a abismavam entre o passado conservador estreito da província, limitado e ancorado nas suas oligarquias e nos seus hábitos morigerados, e um futuro galopante e irrefreável que se abria concretamente a uma nova complexidade da sociedade e da cultura, na base da fricção e do choque.

"Não era moderna, mas já não tinha mais passado", diz Nicolau Sevcenko em "Orfeu Extático na Metrópole: São Paulo, Sociedade e Cultura nos Frementes Anos 20". Brotava "como um colossal cogumelo depois da chuva" e como um enigma devorador "para seus próprios habitantes".

Não à toa, o modernismo paulista vocalizou pela primeira vez no Brasil, de maneira programática, com alarde exibicionista e provocador, questões então candentes como a quebra dos tabus estéticos da representação realista da natureza, da linearidade sintática, da poesia metrificada, da consonância tonal em música — rupturas que marcariam a linguagem artística do século 20.

Anunciava com estrépito, embora as obras daquele momento em geral não acompanhassem o tamanho do espalhafato, uma arte não linear, não naturalista, não aprazível e liberadora de novas potências. Na "Pauliceia Desvairada", escrita em 1921 e publicada no ano da Semana, Mário de Andrade praticou e teorizou, como ninguém até então, uma poesia simultaneísta, que ele associou com excepcional agudeza ao harmonismo e ao polifonismo em música.

A Semana poderia perfeitamente ter se resumido a um episódio datado, um arroubo curioso e sintomático em um momento localizado de transformações urbanas, mas acontece que dela participaram três dos maiores artistas brasileiros do século — Mário, Oswald e Villa-Lobos —, cujas obras terão desdobramentos e consequências fundamentais, aprofundando as promessas do movimento com o imponderável de suas criações singulares. Queiram ou não, a Semana foi uma conjugação artística de São Paulo e Rio.

Muita água rolou depois desses primeiros embates, e o arco das questões do movimento modernista ampliou-se, dos anos 1920 aos 1940, abrindo-se às interpretações do Brasil, à pesquisa e ao engajamento social, ao mesmo tempo que se abriam suas rachaduras internas e suas fraturas políticas.

Na conferência de 1942 ("O Movimento Modernista"), pronunciada no Rio, quando avaliava criticamente a Semana 20 anos depois, Mário deixa explícito que foi a oligarquia cafeeira quatrocentona — de corte aristocrático e já decadente, por isso mesmo disponível, na figura do empresário intelectual Paulo Prado — que deu suporte material ao movimento, desejando acertar passo com a modernidade da Segunda Revolução Industrial, por um lado, e confrontando a burguesia do dinheiro pelo dinheiro, por outro (o "burguês burguês", "a digestão bem feita de São Paulo", conforme a "Pauliceia").

Mário esboçava então uma análise das bases de classe do movimento e criticava o alheamento das responsabilidades sociais e políticas que marcou, segundo ele, a "orgia intelectual" dos anos 1920. Muita crítica que se tenta fazer hoje ao modernismo já está feita ali com mais lucidez. Mário, no entanto, a fazia não porque negasse o modernismo, mas porque afirmava em âmbito nacional o seu vetor construtivo, as conquistas da cultura moderna brasileira, "o direito permanente à pesquisa estética", a "atualização da inteligência artística" e a estabilização de suas instituições, sempre penosamente sustentada.

Em outras palavras, o que ele defendia naquele momento eram os pilares daquilo que hoje está sob o ataque atroz do bolsonarismo, com a sua corrosão antimoderna dos valores intelectuais e dos símbolos artísticos acumulados durante esses cem anos e com sua política de desmantelamento das instituições culturais.

Restrita em grande parte, na sua época, aos contornos paulistas, com o tempo a Semana tornou-se uma referência histórica, uma data reverencial e um mito de origem, consolidando-se depois como marco da vida brasileira no século 20.

Profanação do templo da cultura burguesa tradicional sem deixar de ser uma cerimônia de elite, autopublicitária já na origem, como costumavam ser as manifestações da vanguarda artística europeia que ela emulava, sem imitá-las à risca, a Semana recebeu na altura dos seus 50 anos (1972) outras camadas de consagração institucional que incitam, por sua vez, ao desmanche de sua mitologia.

O que resulta na mistura confusa, que temos no ar, hoje, de profanação datada com consagração da profanação e profanação da consagração. Nenhum desses formatos corresponde propriamente a uma reavaliação crítica capaz de identificar as potências e os limites do movimento segundo as perspectivas atuais.

Avaliação crítica não se confunde, por exemplo, com sanha diminuidora pautada pela querela localista, com "petite histoire" dos bastidores e com a manipulação arbitrária do anedotário, tudo baseado em uma visão rasa da literatura que jamais enfrenta as obras. Ruy Castro põe aquelas comemorações oficialescas do cinquentenário da Semana, em tempos de ditadura, na conta de Mário e Oswald, como se isso comprovasse uma vocação originária do movimento modernista para a direita.

Porém, o que havia de apropriação oficial e mumificante do ideário da Semana, em 1972, vinha justamente da articulação de remanescentes ligados às correntes ufanistas do verdamarelismo e da anta, isto é, Menotti del Picchia (que odiava Oswald, visceralmente) e Cassiano Ricardo, ainda vivos àquela altura e vendo na ocasião política uma oportunidade para recuperar o prestígio que a obra deles nunca teve.

Os artistas de oposição, os que não só lutavam contra a ditadura mas estavam fazendo obras seminais para a iluminação crítica e criadora do período, estavam encenando "O Rei da Vela", de Oswald de Andrade, como Zé Celso no Oficina em 1967, filmando e encenando "Macunaíma", de Mário de Andrade, como Joaquim Pedro de Andrade em 1969 e Antunes Filho em 1978. Ou Julio Bressane, mais tarde, fazendo em "Tabu" (1982) um contraponto entre Oswald e Lamartine Babo.

Outros intelectuais e pesquisadores difundiam o modernismo dentro dos meios institucionais possíveis e dentro de uma perspectiva crítica resistente e antiautoritária. A exposição internacional promovida pelo Ministério das Relações Exteriores, que Ruy Castro cita como exemplo de franca cooptação, trazia à frente a frase "Toda canção de liberdade vem do cárcere", extraída do "Prefácio interessantíssimo" à "Pauliceia Desvairada".

O movimento modernista só poderia ter irrompido em São Paulo, pelas especificidades locais já apontadas, mas desenvolveu variantes virais poderosas em outros lugares, por contágio e irradiações recíprocas, como se vê nos livros de Manuel Bandeira, Drummond e Murilo Mendes lançados em 1930.

Os penetrantes retratos de Oswald e de Mário traçados por Pedro Nava em "Beira-mar" relembram o momento em que os paulistas chegavam a Belo Horizonte em 1924. O poema de Carlos Drummond de Andrade, "No Meio do Caminho" ("no meio do caminho tinha uma pedra"), que vale por um movimento inteiro em dez versos, sendo já a compactação madura do modernismo, também foi alvo de intensa profanação e consagração cruzadas.

Talvez porque o Brasil, "condenado ao moderno" (segundo a famosa frase de Mário Pedrosa) sem nunca chegar a sê-lo, agarre-se ao fetiche de uma imagem que nunca atinge e nunca supera, do mesmo modo como acontece com a Semana, reivindicada por campos ideológicos opostos, cultuada e apedrejada, sintoma e ídolo polêmico, pauta jornalística que retorna e repete "ad infinitum" as mesmas perguntas.

Quando Mário morreu em 1945, Drummond escreveu uma elegia ("Mário de Andrade desce aos infernos", em "A Rosa do Povo") que é, além de um depoimento afetivo profundo, o reconhecimento de que o poeta da rua Lopes Chaves encarnava a entidade Brasil e tinha se tornado um ponto crucial de ligação entre as muitas dimensões simbólicas do país.

Quem o ler há de ver que a importância nacional de Mário de Andrade não é uma invenção fraudulenta da USP nos anos 1960 e 1970 (como defende Luís Augusto Fischer), mas tinha entrado na corrente sanguínea da cultura desde muito tempo.

As obras dos autores modernistas fortes se irradiaram participando vivamente do caldo de uma cultura brasileira cujo índice inicial ficou sendo retroativamente a Semana. Mito de origem inventado a posteriori, certamente, como todos esses marcos históricos, mas que "colou" como sintoma e como promessa das possibilidades do país no século 20. Acompanhar essa irradiação diz muito mais do que a volta aos "fatos" e fofocas feita na base da marcha a ré apequenante.

De Di Cavalcanti e Anita a Tarsila, Brecheret, Cícero Dias, Portinari, ela ressoa nos artistas visuais que redesenharam a face do país. Sérgio Buarque de Hollanda faz parte disso no campo do pensamento.

A obra do carioca Heitor Villa-Lobos, cuja presença em 1922 foi marcante e definidora (Fischer o omite em seu artigo sobre o modernismo nesta "Ilustríssima" para não embaraçar a tese monocórdica do paulistismo estrito do movimento), está profundamente presente em três artistas tão poderosos quanto diferentes: Tom Jobim, Glauber Rocha e Zé Celso; a música popular, o cinema e o teatro; Rio, Bahia e São Paulo.

Villa era o ídolo musical e o modelo de Tom, que dialoga expressamente com ele no disco "Matita Perê" (1973). Mesmo tendo sido o braço musical e pedagógico da política de massas do Estado Novo, com o programa do canto orfeônico, Villa-Lobos foi parar com toda a força no cinema do subdesenvolvimento de Glauber Rocha, irrigando sonoramente "Deus e o Diabo na Terra do Sol" (1964) e "Terra em Transe" (1967), inconcebíveis sem ele.

Zé Celso concebeu o estraçalhamento de Penteu nas "Bacantes" de Eurípedes com base no extasiante coro do "Choros n. 10", conhecido como "Rasga o Coração", cujos meandros polifônicos são sustentados por todo o elenco em um verdadeiro"tour de force".

No mesmo movimento, resgata as palavras de Catulo da Paixão Cearense sobre música de Anacleto de Medeiros, que Villa-Lobos tinha tomado como referência na parte coral-sinfônica da obra, e rasga o coração da nossa dor mergulhando-a na "prismatização da luz solar" que vem da música brasileira.

Volto então a Oswald, para esclarecer um ponto crucial e urgente. Ao procurar chocar admiradores mais ingênuos de Oswald e Mário trazendo à tona facetas menos conhecidas dos dois autores em sua juventude, Ruy Castro transcreveu em sua coluna nesta Folha trechos de um artigo racista do jovem Oswald sobre o pugilista negro Jack Johnson.

O texto, que saiu em "O Pirralho" na altura de 1914, cerca de oito anos antes da Semana, é certamente um atestado da origem de classe do escritor e um comprovante dos estereótipos violentos que circulavam livremente entre os pares burgueses, naturalizando a estigmatização do negro e expressando, de quebra, o ressentimento diante de um homem preto e vencedor. O interesse histórico do documento só se completa, no entanto, quando posto em perspectiva.

Em 1937, Oswald foi convidado pela Frente Negra Brasileira a discursar em uma cerimônia de homenagem a Castro Alves, que se realizou no Theatro Municipal. Apenas dois outros brancos, além dele, foram chamados ao palco.

Em seu discurso — feito no tom solene que a circunstância exigia e na dicção de um tribuno das arcadas da Faculdade de Direito do Largo São Francisco, que ele também era —, Oswald invoca Zumbi dos Palmares e afirma que os negros "são a vanguarda dos que pedem a justiça social". Concita a uma aliança afro-indígena com os "humilhados dos três continentes", "irmanados pela má alimentação e pela péssima moradia, pela doença e pela falta de escola" — "brancos, amarelos e índios" organizando-se "sob as bandeiras heterogêneas mas unidas da democracia".

Ressalta que cabe aos negros o protagonismo nessa luta, pois são eles que vieram do fundo tenebroso do navio negreiro e que fazem parte da "população mesclada do outro navio de escravos" que é a própria sociedade brasileira, na qual arcam com "as fornalhas do trabalho e os duros serviços da tripulação". Suas marcas de nobreza, arrancadas "do tronco infame, das cadeias e do chicote", dão à população negra, diz ele, "direitos enormes". Em suma, afirmação da dimensão racial da luta política.

Oswald relata ainda que a Frente Negra Brasileira, "uma das mais belas organizações sociais que tivemos", era perseguida e agredida impunemente pelos "roncos" e "ameaças" dos "camisas-verdes" integralistas que, na ocasião, tomaram metade do teatro, fardados, tentando sabotar o ato.

O discurso, proferido entre vivas e vaias, constitui, segundo Oswald, "uma das maiores alegrias de [sua] vida de lutador". Naquele momento, diz ter se sentido, como nunca antes, em um lugar para além "dos salões futuristas de 22". 1

Toca-me profundamente que a imagem do navio negreiro, no discurso da Frente Negra Brasileira, lembre um trecho de "O Santeiro do Mangue", peça teatral que Oswald escrevia nessa época e que o Teatro Oficina encenou com o nome de "Mistérios Gozozos".

A canção "Coração do Mar", que eu musiquei sobre palavras dele, faz parte dessa peça sobre a zona do mangue no Rio de Janeiro. Elza Soares a escolheu em 2015 para abrir o álbum "A Mulher do Fim do Mundo", desembocando no refrão "É o navio humano quente/ Negreiro do Mangue", que ela fez questão de cantar à capela, ostentando na voz a dor, a nudez e a força das palavras. Palavras às quais Zé Celso tinha já acrescentado, em consonância com o original: "É o navio humano quente/ Guerreiro do Mangue".

Elza não teve qualquer dificuldade para entender imediatamente a dimensão profunda dessas canções oswaldianas, ela que é a expressão total da antropofagia popular tal como Oswald a define, capaz de absorver diferentes estilos e fundi-los com amor e humor, como faz com o "Mambo da Cantareira", interpretado como se fosse uma peça de flamenco ("Elza Soares & João de Aquino"), ou "Fadas", de Luiz Melodia, como se fosse Astor Piazzola ("Do Cóccix até o Pescoço").

Gravou "Flores Horizontais", expressão da voz da mulher prostituída e violentada, também sobre texto de "Mistérios Gozozos", rasgando a voz e o coração, e me contou que seu refrão ("Com Deus me deito/ Com Deus me levanto") era uma oração íntima dos negros pobres no Brasil, que ela rezava com o pai antes de dormir.

Em suma, se você aperta Oswald de um lado, ele cresce de outro. Morreu no ostracismo em 1954, mas foi reconhecido em alto nível pelo grupo da poesia concreta e pelos músicos-poetas tropicalistas por sua poesia, seus manifestos, seus romances (o par "Miramar"/"Serafim") e seus escritos filosóficos tardios, nos quais se combinam de modo próprio Nietzsche, Freud, Marx e o pensamento selvagem.

Haroldo de Campos identificou na sua poesia a radicalidade da linguagem ligada ao "ready made", à visualidade e à síntese. Roberto Schwarz a relacionou com o "potencial materialista e rebelde da obviedade bem escolhida" que "se encontra na poética de Brecht", como já tinha sido lembrado por Haroldo, fazendo uma análise aguda do seu sentido crítico, de seus ambivalentes vínculos com a oligarquia cafeeira, e reconhecendo-a dialeticamente como "um dos momentos altos da literatura brasileira".

Recentemente, a antropologia de Eduardo Viveiros de Castro destacou a sua intuição surpreendente do perspectivismo ameríndio. Oswald identificou a crise da posição patriarcal no mundo contemporâneo e augurou a utopia de uma vida humana sem finalidade mercantil, à altura do seu destino e "à espera serena" da devoração do planeta pelo imperativo cósmico, sem precipitá-la em nome do lucro e sem abdicar da alegria (como Ailton Krenak).

Oswald é discutível, polêmico, anárquico e incorreto até a medula, mas a crítica não tem como negar-lhe as dimensões da grandeza e da complexidade. O negacionismo de Ruy Castro faz par com o de Lobão, quando este malha Oswald e emula Olavo de Carvalho em seu livro "Manifesto do Nada na Terra do Nunca" (com mais conhecimento de causa, aliás, e mais envolvimento na leitura do texto, mesmo que completamente equivocado, do que as avaliações puramente externas de Ruy).

Para mim, o que há de mais significativo, hoje, sobre o acontecimento em si da Semana de Arte Moderna não está contido nem na cena nem nos bastidores do Municipal, mas no poema final da "Pauliceia Desvairada", de Mário de Andrade, que se chama "As Enfibraturas do Ipiranga".

É um poema longo, meio descalibrado, escrito ainda em 1921, mas que tem o efeito de uma espécie de antevisão alucinada e sintomática, como só a poesia poderia fazer, dizendo nas linhas e nas entrelinhas aquilo que os programas explícitos não dizem. 2

Mário figura a população de São Paulo reunida no vale do Anhangabaú para cantar em coro um grande "oratório profano" com acompanhamento sinfônico. Não se trata de um coro unitário, mas de um campo conflagrado de blocos corais que se enfrentam em uma "grita descompassada", acompanhados de uma orquestra agigantada e caótica.

Entrincheirados nos terraços e janelas do Theatro Municipal estão os artistas acadêmicos, parnasianos e beletristas ("orientalismos convencionais") entoando com voz grandiloquente a marcha fúnebre da conservação universal dos costumes e dos padrões estéticos.

Com os pés no fundo do vale, assumindo a própria desafinação e a falta de ensaios, os modernistas ("juvenilidades auriverdes") deblateram uma espécie de "hino à alegria" tropical que faz pensar em uma parada gay "avant la lettre".

Não porque tematize a questão de gênero, mas porque levanta um clamor erótico no sentido mais amplo da palavra —o de Eros como expressão fusional da existência, afirmando a multiplicidade polimorfa do desejo contra o paredão conservador, refratário às linhas mutáveis da vida.

Nas sacadas elegantes do lado oposto do vale, a burguesia endinheirada ("senectudes tremulinas") exibe sua posição de privilégio apoiando de maneira caricata o bloco conservador.

Postados no viaduto do Chá, trabalhadores ("sandapilários indiferentes") assistem ao entrevero burguês e vaiam tanto os "passadistas" como os "futuristas", mais interessados na ópera (tradição importante para a cultura operária italiana) e nos sucessos da nascente música popular urbana, em que despontava o recente "Pé de Anjo", de Sinhô.

Colocando-se o embate não dentro, mas fora do teatro, a cidade é vista como aquilo que ela passava a ser: palco social explícito, anfiteatro aberto de choques. Comparecem os grupos que participaram, mas também os que não participavam do acontecimento no Municipal, fazendo parte de uma batalha campal de forças comportamentais e artísticas, encenando suas contradições gritantes.

Enquanto ricaços, apresentados como decrépitos, dão as mãos ao moralismo esteticamente reacionário, o poema não esconde que há entre modernistas e trabalhadores, mais que uma distância, uma fratura. A polêmica estética acontece dentro de um arregaço maior que engolfa classes e grupos sociais em reações díspares e autocontraditórias.

A arte erudita da cultura dominante não rege a sociedade de massas. O café com leite das oligarquias não dá mais conta da escala dos novos embates socioculturais. A própria exaltação modernista namora com a autoaniquilação decadentista.

Sob um regime de polifonia acirrada, a batalha ritual passa por um processo de fricção, fritura e fratura, rompendo-se afinal o tecido esgarçado sem que seja vencido o bloco conservador.

Recobertas pelo manto de uma "enorme vaia de assovios, zurros, patadas", as "juvenilidades auriverdes" morrem como sementes no solo do Anhangabaú, augurando-se sua utópica redenção futura em um tempo mais propício.

Mário passava longe, como se vê, de uma previsão eufórica e triunfante sobre o destino do movimento modernista. Trata-se de uma encenação dramática e francamente problemática da instauração do moderno no Brasil, não só do ponto de vista artístico, mas do ponto de vista social e político, enquanto abertura a uma sociedade complexa e desigual cuja crise Mário pensou sanar depois com o resgate da cultura popular e, mais tarde ainda, com uma agônica adesão à arte engajada.

O poema de 1921 é um índice convulsionado da funda dificuldade de mudança que nele se constata e anuncia. Não deixa de nos soar estranhamente atual a presença de uma agressiva e empedernida ação antimoderna acumpliciada com a casta empresarial, como se já assistíssemos, cem anos antes, à dança de Damares com faria limers.

A face luminosa dessa atualidade encontra-se no emblemático show de Emicida no Theatro Municipal de São Paulo em 2020, que costura a matéria documental e artística do filme "AmarElo – É Tudo pra Ontem" (disponível na Netflix). O espetáculo é uma assumida profanação (enquanto ocupação do espaço interdito, tomando-o para usufruto dos excluídos), ao mesmo tempo que uma consagração do espaço público destinado a todos.

Emicida dialoga diretamente com a Semana de Arte Moderna, elege uma epígrafe de Mário de Andrade ("nosso modernista favorito"), homenageia a antropofagia oswaldiana ("só o que é do outro me interessa") e mostra o quanto o Theatro Municipal e o vale do Anhangabaú permaneceram ao longo do tempo como o eixo de referência das pulsações culturais da cidade para os invisibilizados e postos à margem.

Resgatando as enfibraturas históricas da negritude em São Paulo, chama a atenção para o fato de o MNU (Movimento Negro Unificado) ter elegido as escadarias frontais do Municipal como espaço de suas manifestações históricas, em 1978, e como as batalhas de ritmo e poesia do movimento hip-hop escolheram o largo São Bento como seu território, homenageando o escravizado-arquiteto Tebas, construtor de igrejas no século 19.

"AmarElo" resgata, assim, um arco de tempos e espaços contendo múltiplas manifestações políticas e criativas, individuais e coletivas, de modo a construir, a partir das periferias, uma inesperada ponte sobre a fenda, apontando para o Anhangabaú.

Se há algum lugar onde se cumpre o desejo adormecido no sonho convulsionado e inconcluso do poema final da "Pauliceia", para além de si mesmo, não é nas frenéticas comemorações da Semana, mas nesse acontecimento.

A força e a fraqueza do grande arco da cultura moderna no Brasil, que vai dos anos 1920 aos 1960, consiste na aliança entre o erudito e o popular com base na mediação da classe média. Esse arco poderoso incluiu a literatura, as artes visuais, a música de concerto e chegou à MPB e ao cinema novo, apontando para um salto social que a ditadura interrompeu.

Acontecimento decisivo no campo cultural mais recente é a emergência de um sujeito periférico que se encarrega das próprias mediações, a começar do "Sobrevivendo no Inferno", dos Racionais MC’s, em 1997. Emicida leva adiante essa chama. Sabe das diferenças com os modernistas, mas não abre mão da grandeza inspiradora de quem acrescenta mundos ao mundo.

Oswald de Andrade distinguia a alta e a baixa antropofagia. A alta antropofagia reside basicamente na capacidade de "ser outro" ao reconhecer o outro em si (trata-se de uma operação de rigor que não se confunde com a indiferenciação do consumo onívoro nem com o ato de comer e "vomitar" influências).

Já a baixa antropofagia, ele resumiu, no "Manifesto Antropófago", em quatro palavras: inveja, usura, calúnia e assassinato. Não é difícil reconhecer essas forças nefastas no panorama atual, na forma da cultura do ressentimento (inveja), do liberalismo oportunista (usura), das fake news (calúnia) e da necropolítica ostensiva (assassinato).

O assassinato de Moïse Mugenyi Kabagambe é a evidenciação horrenda da baixa antropofagia dada em espetáculo dantesco —a consumação do Brasil como o cu do mundo arreganhado e à mostra. "A mais triste nação/ Na época mais podre/ Compõe-se de [...]/ Grupos de linchadores", diz a canção de Caetano Veloso ("O Cu do Mundo").

Por uma ironia cruel, alegórica e quase surrealista, o quiosque em que Moïse foi morto se chama Tropicália. Tropicália, além de nos remeter a Caetano e a Hélio Oiticica, associa-se a Oswald e, em um passo, estamos de volta ao espectro da Semana de Arte Moderna, na encruzilhada entre o século 20 e o 21.

Trata-se de transformar o horror em totem. Marcar e venerar o lugar de Moïse. Revirar e reexistir. Tornar inadmissível a normalização do inadmissível. Rasgar o coração, banhar a imensidão do nosso penar na prismatização da luz solar.

Em 2022, o Brasil está espremido entre a alta e a baixa antropofagia. Eis a questão.

Notas:

[1] O discurso foi transcrito por Oswald em sua coluna "Banho de sol", publicada no periódico Meio Dia, em 14/03/1939, com o título "Comemorando Castro Alves". Encontra-se na antologia do jornalismo oswaldiano organizada por Vera Maria Chalmers e publicada com o nome de "Telefonema" (Civilização Brasileira, 1974, p. 56-57). Já a narrativa do ato encontra-se em "Sobre Castro Alves", publicada em 30/03/1944 no Correio da Manhã, e recolhida em edição posterior de "Telefonema", organizada também por Chalmers (Globo, 2007, p. 114-116).

[2] Desenvolvo o argumento em "A República Musical Modernista", publicado em Gênese Andrade, (org,), Modernismos 1922-2022 (Companhia das Letras, 2022, p. 170-195).

José Miguel Wisnik

Professor sênior de literatura brasileira na USP, ensaísta e compositor, é autor, entre outros, dos livros “Maquinação do Mundo” (2018) e “Veneno Remédio” (2008)

Imagem: ‘17 Homens e um Segredo ou os Modernistas’, pintura de Daniel Lannes a partir de foto clássica de integrantes dos eventos da Semana de 22.

Ilustríssima/FSP 12.02.2022