quarta-feira, 10 de outubro de 2018

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale

Shakespeare a écrit un jour que le diable est capable de citer les Écritures quand il y va de son intérêt. Aujourd’hui, ce sont les termes ’ humanitaire ’ et ’ démocratie ’ qui servent à couvrir les morts et les destructions.
Des mots respectables comme ’ humanitaire ’ et ’ démocratie ’ ont fini par prendre un sens funeste et cynique du fait de leur détournement pour justifier l’invasion de nations souveraines, et promouvoir l’expansion de la domination militaire et culturelle occidentale à travers le monde. Les médias grand public ainsi que des militants des droits de l’homme y participent en diffusant des contre-vérités et en jouant sur les sentiments de peur, de colère et de répulsion du public pour l’influencer et faire passer pour juste une agression contre un État souverain.
Parallèlement aux mensonges des politiciens selon lesquels Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive qui pouvaient être déployées en 45 minutes, une stratégie a été mise en œuvre pour choquer et impressionner le public et l’amener à accepter l’invasion. Il y a eu notamment une avalanche de gros titres destinés à horrifier les lecteurs, à coup de soi-disant ’ preuves ’ des massacres de Saddam, et à susciter de fortes réactions émotionnelles qui les empêcheraient de penser. L’un de ces articles, écrit par la députée travailliste Ann Clwyd et publiée dans le Times deux jours seulement avant que la Coalition dirigée par les États-Unis, ne commence à détruire l’Irak, affirmait que Saddam possédait une ’ machine à déchiqueter les humains ’ dans laquelle on introduisait les adversaires par les pieds, pour les transformer en nourriture pour poissons. L’article intitulé ’ Regardez ces hommes se faire hacher menu et osez dire que vous ne soutenez pas la guerre ’ a eu pour double effet de susciter l’horreur du lecteur et de donner l’impression que les opposants à la guerre étaient insensibles et indifférents au sort du peuple irakien. L’existence d’une déchiqueteuse humaine a été contestée par la suite, et on n’en a jamais retrouvé la trace.
Les véritables crimes de Saddam étaient connus des services de renseignements étasuniens qui lui ont donné les positions des troupes iraniennes pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, sachant qu’il allait utiliser du gaz moutarde et du sarin contre elles. Les États-Unis ont également fourni à Saddam des bombes à fragmentation et l’ont aidé à acquérir des précurseurs d’agents chimiques. Selon Human Rights Watch, basé aux États-Unis, Saddam aurait tué au moins 290 000 personnes de son propre peuple pendant qu’il était au pouvoir. Toutefois, ce chiffre est éclipsé par le nombre d’Irakiens morts à la suite de l’invasion de 2003, victimes des forces d’occupation, de la violence confessionnelle ou de l’EI – selon les estimations, il y en aurait eu plusieurs centaines de milliers, et peut-être même plus d’un million.
La stratégie du ’shock-and-awe’* a de nouveau été utilisée avant le bombardement de la Libye par l’OTAN, quand les relations de Kadhafi avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni se sont dégradées suite à sa décision de vendre son pétrole en dinars (une nouvelle monnaie panafricaine soutenue par l’or) au lieu du dollar américain ou de l’euro, et d’encourager ses voisins africains à suivre son exemple. La publication des courriels d’Hillary Clinton à la fin de 2015 a révélé qu’une pareille mesure aurait renforcé les économies africaines et entraîné une concurrence entre le dinar et le dollar ou l’euro.
Cette fois, on nous a raconté qu’il fallait bombarder la Libye et soutenir les rebelles anti-Kadhafi, y compris les éléments affiliés à Al-Qaïda, parce que Kadhafi était sur le point de commettre un massacre contre la population de la ville de Benghazi, sous contrôle rebelle. Pour émouvoir le public et lui faire accepter la guerre, on a aussi raconté que Kadhafi distribuait du Viagra à ses soldats pour qu’ils violent le plus possible de femmes. Amnesty International a enquêté et n’en a trouvé aucune preuve, par contre l’ONG a révélé qu’à plusieurs reprises, les forces anti-Kadhafi de Benghazi avaient raconté des mensonges ou fabriqué des fausses preuves de violations des droits humains.
Kadhafi a été renversé et l’un des pays les plus riches et les plus stables d’Afrique est aujourd’hui un État failli et anarchique contrôlé par un micmac de groupes rebelles, dont certains sont des affiliés ou des sympathisants d’Al-Qaida. Ces groupes se sont mis à persécuter, emprisonner et assassiner les Africains subsahariens qui étaient venus en Libye comme migrants économiques, en les accusant de fidélité à Kadhafi. En outre, la destruction de la Libye a déclenché une guerre au Mali voisin et a contribué à renforcer Al-Qaida et l’EI en Afrique du Nord. Une partie des rebelles anti-Kadhafi se retrouvera plus tard en Syrie.
Le même scénario a été utilisé à l’égard de la Syrie. Les politiciens occidentaux, avec leurs médias et leurs alliés activistes, se sont donné du mal pour obtenir le soutien du public à la destitution du président du pays. En 2013, on a joué sur les émotions du public occidental en prétendant qu’Assad avait utilisé du gaz sarin contre des civils, raison pour laquelle il fallait le renverser de toute urgence. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et une enquête menée par l’ONU a indiqué par la suite que les rebelles anti-gouvernementaux auraient pu être responsables de l’attaque. Les allégations selon lesquelles Assad aurait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple semblent refaire surface chaque fois que le gouvernement syrien reprend un grand pan de son territoire aux forces rebelles ou djihadistes.
Le président Assad a été accusé d’avoir causé des centaines de milliers de morts dans un conflit imposé à la Syrie, dans lequel l’Arabie saoudite et le Qatar (entre autres États) ont financé et armé des rebelles que les services de renseignement occidentaux qualifient de ’ modérés ’. WikiLeaks a publié des dépêches diplomatiques dans lesquels des politiciens américains s’inquiétaient de l’envoi, par des donateurs saoudiens, de fonds et d’armes à des groupes comme Al-Nusra Front (également connu sous le nom de branche syrienne d’Al-Qaida) et l’EI. L’opposition syrienne affirme qu’en septembre 2018, entre 164 336 et 522 000 personnes (selon le groupe anti-Assad à qui vous posez la question) ont été tuées depuis le début du conflit en 2011. Bien que l’opposition syrienne et ses partisans en Occident et dans le Golfe n’hésitent pas à blâmer le président Assad pour ces morts, parmi les personnes tuées figurent des soldats syriens et des milices progouvernementales qui ont défendu leur pays contre les rebelles ’ modérés ’ (et moins modérés) soutenus par les ennemis de la Syrie, ainsi que des civils tués par ces groupes rebelles.
Lorsque la Russie est venue à l’aide de la Syrie en septembre 2015, à la demande du gouvernement du pays, pour lutter contre l’EI, Al-Nusra et d’autres groupes rebelles, elle a essuyé les critiques des médias occidentaux et des groupes d’opposition syriens qui l’ont accusée de soutenir un dictateur – et le Royaume-Uni et les États-Unis savent de quoi ils parlent, ce sont des spécialistes dans ce domaine. Le renversement d’Assad justifiait sûrement que les Etats-Unis et leurs alliés laissent l’EI semer la terreur et la destruction à travers toute la Syrie jusqu’à ce que son drapeau flotte sur Damas. Les attaques contre la Russie se sont intensifiées en 2016 lorsqu’elle a fourni aux troupes syriennes un appui aérien dans la campagne pour reprendre Alep, qui était avant la guerre la plus grande ville du pays et son centre financier et industriel, à une coalition de groupes rebelles dont le Front Al-Nusra et des combattants djihadistes non syriens. Les journaux de toutes tendances politiques ont versé des larmes de crocodile sur les civils et les bébés tués dans les bombardements russes, eux qui ne versent jamais une larme sur les enfants de Gaza et du Yémen qui meurent pourtant aussi sous des bombardements aériens.
Les médias occidentaux décident de ce qui doit émouvoir leur public. L’organisation controversée connue sous le nom de Casques blancs,financée par les États-Unis et plusieurs gouvernements européens, a injecté une dose supplémentaire de pathos, en montrant des photos et des vidéos de ses membres tirant soi-disant des enfants et des civils des décombres à Alep. Les questions que soulève ce groupe ont été parfaitement documentées.
Puis nous avons eu droit à des tweets d’une fillette syrienne de sept ans, Bana al-Abed, elle aussi chouchou des médias, pour demander une intervention occidentale, dans le style ’ Cher monde, il vaut mieux commencer une 3ième guerre mondiale que de laisser la Russie et Assad commettre #HolocaustAleppo ’. On peut vraiment se demander si elle a écrit ces messages sans l’aide d’un adulte.
L’organisation américaine Human Rights Watch, qui a reçu des millions de dollars du milliardaire George Soros, a fait état du rapport d’un groupe d’opposition syrien selon lequel 446 civils auraient été tués par des avions russes et syriens pendant la bataille d’Alep entre septembre et octobre 2016. Ailleurs, Human Rights Watchcite l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme pro-opposition basé au Royaume-Uni, qui affirme que les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis onttué 1 064 civils, dont 248 enfants, pendant la bataille de Raqqa entre début juin et 20 septembre 2017. Bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision les populations d’Alep et de Raqqa en 2016 et 2017 respectivement, à partir de 2018, Alep compte 1,6 million d’habitants, contre 61 000 à Raqqa.
Chaque mort civile est une tragédie en soi, qu’elle soit causée par un avion américain, russe, syrien ou autre. Toutefois, il faut reconnaître qu’il n’y a que la Russie et l’Iran qui soient intervenus dans le conflit syrien à la demande du gouvernement légitime de la nation. Toutes les autres nations impliquées dans le conflit syrien violent le droit international et leur expulsion du territoire syrien serait légitime.
Grâce à l’intervention de la Russie, la Syrie ne prendra pas le chemin de l’Irak ou de la Libye et est en passe de redevenir une nation unie et stable avec une identité séculaire et diversifiée. L’intervention de la Russie a empêché la destruction d’une nation et permis à des millions de personnes d’échapper au cauchemar épouvantable de vivre dans un pays dominé par l’EI ou des groupes similaires. L’Occident a adopté une approche diamétralement opposée, il plonge une nation unie dans l’anarchie, et les terroristes ne font leur apparition qu’après l’intervention ’ humanitaire ’.
Tomasz Pierscionek
Traduction : Dominique Muselet

terça-feira, 9 de outubro de 2018

La Grande-Bretagne et l’Or Noir de Mésopotamie

par Jacques R. Pauwels
La Première Guerre Mondiale était une confrontation entre deux blocs de puissances impérialistes, dont l’un des principaux objectifs était l’acquisition, la préservation et/ou l’expansion de territoires – en Europe et dans le monde – considérées d’une importance vitale pour l’économie nationale de ces puissances, principalement parce qu’ils contiennent des matières premières comme le pétrole.
Nous avons vu que ce conflit a finalement été gagné par les puissances qui étaient déjà les plus riches en 1914 : les membres de la Triple Entente plus les États-unis. Certes, l’oncle Sam n’est devenu belligérant qu’en 1917, mais son pétrole était disponible dès le début de l’Entente et est resté hors de portée des Allemands et des Hongrois d’Autriche pendant toute la guerre à cause du blocus naval britannique.
Examinons brièvement le rôle joué par la Grande-Bretagne dans cette lutte des titans impérialistes.
Dreadnoughts and hydroplane, British Grand Fleet, North Sea, First World War, 1914.La Grande-Bretagne est entrée dans le XXe siècle en tant que superpuissance mondiale, qui détenait un vaste ensemble de possessions coloniales. Mais cette position dépendait de la capacité de la Royal Navy à régner sur la mer. Et un grave problème s’est posé lorsque les années qui ont suivi le tournant du siècle ont vu la transition rapide du charbon au pétrole comme combustible pour les navires.
Cela a poussé Albion, richement approvisionnée en charbon mais dépourvue de pétrole, à chercher frénétiquement des sources abondantes et fiables « d’or noir », dont ses colonies ne disposaient qu’en petite quantité. Pour l’instant, le pétrole devait être acheté auprès de son plus gros producteur et exportateur de l’époque, les États-Unis, ancienne colonie britannique, de plus en plus grand concurrent commercial et industriel, et traditionnellement peu amicale ; cette dépendance était donc intolérable sur le long terme.
Du pétrole est devenu accessible depuis la Perse, mais pas assez pour résoudre le problème. Ainsi, lorsque de riches gisements de pétrole ont été découverts dans la région de Mossoul en Mésopotamie, une partie de l’Empire ottoman qui allait plus tard devenir l’Irak, le Patriciat au pouvoir à Londres – avec Churchill en tête – a décidé de prendre le contrôle exclusif sur cette partie jusqu’alors sans intérêt du Moyen Orient.
Un tel projet n’était pas irréaliste, car l’Empire ottoman était une grande mais très faible nation, à laquelle les Britanniques avaient déjà pu arracher d’importants biens immobiliers ad libitum, l’Égypte et Chypre, par exemple. Mais les Ottomans étaient récemment devenus des alliés des Allemands, de sorte que l’acquisition prévue de la Mésopotamie a ouvert des perspectives de guerre avec ces deux empires.
Malgré cela, les besoins en pétrole étaient si importants qu’une action militaire était prévue et devait être mise en œuvre dès que possible. La raison de cette hâte : les Allemands et les Ottomans avaient commencé à construire un chemin de fer qui devait relier Berlin à Bagdad via Istanbul, augmentant ainsi la possibilité que le pétrole de Mésopotamie puisse bientôt être envoyé au Reich par voie terrestre pour une puissante flotte allemande qui était déjà le plus dangereux rival de la Marine royale. La construction du chemin de fer de Bagdad devait être achevée en…1914.
C’est dans ce contexte que Londres a abandonné son amitié de longue date avec l’Allemagne et s’est jointe aux deux ennemis mortels du Reich, la France et la Russie, dans la dite Triple Entente, et que des plans détaillés de guerre contre l’Allemagne ont été convenus avec la France. L’idée était que les armées massives des Français et des Russes écrasent l’Allemagne, tandis que la majeure partie des forces armées de l’Empire quittent l’Inde pour la Mésopotamie, battent les Ottomans et saisissent les champs pétroliers mésopotamiens ; en échange, la Marine royale devait empêcher la flotte allemande d’attaquer la France, et une aide symbolique aux actions françaises contre le Reich sur ce continent serait le Corps expéditionnaire britannique. Mais cet arrangement machiavélique a été élaboré en secret et ni le Parlement ni le public n’ont été informés.
Corps expéditionnaire britannique
Corps expéditionnaire britannique
Dans les mois qui ont précédé le déclenchement de la guerre, un compromis avec l’Allemagne était encore possible, et il est vrai que certaines factions de l’élite politique, industrielle et financière britannique y étaient même favorables. Cependant, un tel compromis aurait signifié qu’il aurait permis à l’Allemagne d’obtenir une part du pétrole de la Mésopotamie, alors que la Grande-Bretagne ne voulait rien de moins qu’un monopole. Ainsi, en 1914, mettre la main sur les gisements pétrolifères de Mésopotamie était vraiment l’objectif de guerre réel de Londres, quoique tacite, ou « latent ». Lorsque la guerre a éclaté, opposant l’Allemagne et son allié austro-hongrois au duo franco-russe ainsi qu’à la Serbie, il ne semblait pas y avoir de raison évidente pour que la Grande-Bretagne s’implique. Le gouvernement était confronté à un dilemme douloureux : il était lié par l’honneur à la France, mais il devait alors révéler que des promesses contraignantes de cette aide avaient été faites en secret.
Heureusement, le Reich a violé la neutralité de la Belgique et a ainsi fourni à Londres un prétexte parfait pour partir en guerre. En réalité, les dirigeants britanniques ne se sont pas souciés du sort de la Belgique, du moins tant que les Allemands n’avaient pas l’intention d’acquérir le grand port maritime d’Anvers, qualifié par Napoléon de « pistolet visant le cœur de l’Angleterre » ; et pendant la guerre, la Grande-Bretagne elle-même allait violer la neutralité de plusieurs pays, comme la Chine, la Grèce ou la Perse.
Comme tous les plans préparés en vue de ce qui allait devenir « la Grande Guerre », le scénario concocté à Londres ne s’est pas déroulé comme prévu : les Français et les Russes n’ont pas réussi à écraser l’hôte teutonique, les Britanniques ont donc dû envoyer beaucoup plus de troupes sur le continent – et subir des pertes beaucoup plus importantes – que prévu ; et au loin, l’armée ottomane – avec l’expertise des officiers allemands, a fait face à des problèmes imprévus au Moyen-Orient qui a dû faire face à une crise.
Malgré ces inconvénients, qui ont causé la mort d’environ trois quarts de million de soldats rien qu’au Royaume-Uni, tout s’est finalement bien passé : en 1918, l’Union Jack a survolé les champs pétroliers de la Mésopotamie. Ou plutôt, presque tout allait bien, car si les Allemands avaient été expulsés de la région, les Britanniques devraient désormais tolérer la présence des Américains, et éventuellement se contenter du rôle de partenaire junior de cette nouvelle superpuissance.
traduit par Pascal, revu par Martha pour Réseau International

domingo, 7 de outubro de 2018

Por que votamos em Hitler

El Pais
Ao longo da década de 1920, Adolf Hitler era pouco mais do que um ex-militar bizarro de baixo escalão, que poucas pessoas levavam a sério. Ele era conhecido principalmente por seus discursos contra minorias, políticos de esquerda, pacifistas, feministas, gays, elites progressistas, imigrantes, a mídia e a Liga das Nações, precursora das Nações Unidas. Em 1932, porém, 37% dos eleitores alemães votaram no partido de Hitler, a nova força política dominante no país. Em janeiro de 1933, ele tornou-se chefe de governo. Por que tantos alemães instruídos votaram em um patético bufão que levou o país ao abismo?
Em primeiro lugar, os alemães tinham perdido a fé no sistema político da época. A jovem democracia não trouxera os benefícios que muitos esperavam. Muitos sentiam raiva das elites tradicionais, cujas políticas tinham causado a pior crise econômica na história do país. Buscava-se um novo rosto. Um anti-político promoveria mudanças de verdade. Muitos dos eleitores de Hitler ficaram incomodados com seu radicalismo, mas os partidos estabelecidos não pareciam oferecer boas alternativas.
Em segundo lugar, Hitler sabia como usar a mídia para seus propósitos. Contrastando o discurso burocrático da maioria dos outros políticos, Hitler usava um linguajar simples, espalhava fake news, e os jornais adoravam sugerir que muito do que ele dizia era absurdo. Hitler era politicamente incorreto de propósito, o que o tornava mais autêntico aos olhos dos eleitores. Cada discurso era um espetáculo. Diferentemente dos outros políticos, ele foi recebido com aplausos de pé onde quer que fosse, empolgando as multidões. Como escreveu em seu livro "Minha Luta":
Toda propaganda deve ser apresentada em uma forma popular (...), não estar acima das cabeças dos menos intelectuais daqueles a quem é dirigida. (...) A arte da propaganda consiste precisamente em poder despertar a imaginação do público através de um apelo aos seus sentimentos.
Em terceiro lugar, muitos alemães sentiram que seu país sofria com uma crise moral, e Hitler prometeu uma restauração. Pessoas religiosas, sobretudo, ficaram horrorizadas com a arte moderna e os costumes culturais progressistas que surgiram por volta de 1920, época em que as mulheres se tornavam cada vez mais independentes, e a comunidade LGBT em Berlim começava a ganhar visibilidade. Os conservadores sonhavam com restabelecer a antiga ordem. Os conselheiros de Hitler eram todos homens heterossexuais brancos. As mulheres, ele argumentou, deveriam se limitar a administrar a casa e ter filhos. Homens inseguros podiam, de vez em quando, quebrar vitrines de lojas, cujos donos eram judeus, para reafirmarem sua masculinidade.
Em quarto lugar, apesar de Hitler fazer declarações ultrajantes – como a de que judeus e gays deveriam ser mortos -, muitos pensavam que ele só queria chocar as pessoas. Muitos alemães que tinham amigos gays ou judeus votaram em Hitler, confiantes de que ele nunca implementaria suas promessas. Simplista, inexperiente e muitas vezes tão esdrúxulo, que até mesmo seus concorrentes riam dele, Hitler poderia ser controlado por conselheiros mais experientes, ou ele logo deixaria a política. Afinal, ele precisava de partidos tradicionais para governar.
Em quinto, Hitler ofereceu soluções simplistas que, à primeira vista, faziam sentido para todos. O problema do crime, argumentava, poderia ser resolvido aplicando a pena de morte com mais frequência e aumentando as sentenças de prisão. Problemas econômicos, segundo ele, eram causados por atores externos e conspiradores comunistas. Os judeus - que representavam menos de 1% da população total - eram o bode expiatório favorito. Os alemães "verdadeiros" não deviam se culpar por nada. Tudo foi embalado em slogans fáceis de lembrar: "Alemanha acima de tudo", "Renascimento da Alemanha", "Um povo, uma nação, um líder."
Em sexto lugar, as elites logo aderiram a Hitler porque ele prometeu -- e implementou -- um atraente regime clientelista, cleptocrata, que beneficiava grupos de interesses especiais. Os industriais ganharam contratos suculentos, que os fizeram ignorar as tendências fascistas de Hitler.
Em sétimo, mesmo antes da eleição de 1932, falar contra Hitler tornou-se cada vez mais perigoso. Jovens agressivos, que apoiavam Hitler, ameaçavam os oponentes, limitando-se inicialmente ao abuso verbal, mas logo passando para a violência física. Muitos alemães que não apoiavam o regime preferiam ficar calados para evitar problemas com os nazistas.
Doze anos depois, com seis milhões de judeus exterminados e mais de 50 milhões de pessoas mortas na Segunda Guerra Mundial, muitos alemães que votaram em Hitler disseram a si mesmos que não tinham ideia de que ele traria tanta miséria ao mundo. “Se soubesse que ele mataria pessoas ou invadiria outros países, eu nunca teria votado nele ”, contou-me um amigo da minha família. “Mas como você pode dizer isso, considerando que Hitler falou publicamente de enforcar criminosos judeus durante a campanha?”, perguntei. “Eu achava que ele era pouco mais que um palhaço, um trapaceiro”, minha avó, cujo irmão morreu na guerra, responderia.
De fato, uma análise mais objetiva mostra que, justamente quando era mais necessário defender a democracia, os alemães caíram na tentação fácil de um demagogo patético que fornecia uma falsa sensação de segurança e muito poucas propostas concretas de como lidar com os problemas da Alemanha em 1932. Diferentemente do que se ouve hoje em dia, Hitler não era um gênio. Não passava de um charlatão oportunista que identificou e explorou uma profunda insegurança na sociedade alemã.
Hitler não chegou ao poder porque todos os alemães eram nazistas ou anti-semitas, mas porque muitas pessoas razoáveis fizeram vista grossa. O mal se estabeleceu na vida cotidiana porque as pessoas eram incapazes ou sem vontade de reconhecê-lo ou denunciá-lo, disseminando-se entre os alemães porque o povo estava disposto a minimizá-lo. Antes de muitos perceberem o que a maquinaria fascista do partido governista estava fazendo, ele já não podia mais ser contido. Era tarde demais.

sábado, 22 de setembro de 2018

FHC move-se pela inveja - Luís Nassif

Por Luis Nassif, no GGN - A inveja é inútil? Errado!
Há dois episódios clássicos, em que a inveja permitiu a criação de grandes obras.
O arquiteto e pintor Bramante tinha uma inveja mortal de Michelangelo. Considerava a pintura dos tetos seu ponto fraco. E empenhou-se em conseguir para Michelangelo a pintura da Capela Sistina, só para comemorar seu fracasso. O resultado foi uma das obras primas da humanidade.
O presidente Fernando Henrique Cardoso tinha inveja antecipada, o receio de que o sucesso de seu sucessor, fosse quem fosse, explicitasse a mediocridade do seu governo.
Primeiro, comemorou intimamente a eleição de Lula em 2002, só para celebrar seu fracasso. Em 2006, com o mensalão, julgou que a hora chegara. Não encampou a campanha do impeachment porque queria ver Lula sangrando até à morte política. Lula escapou e, nos anos seguintes, completaria uma das obras primas da política moderna, um combate à miséria que entrou para a história da civilização.
Aí nasceu o sentimento de inveja. Mais que isso, jamais se desculpou por não ter impedido o sapo barbudo de ter alcançado um status, como homem de Estado, ao qual ele sequer chegou perto, enquanto presidente.
Desde então, transformou a destruição de Lula, não apenas do legado, da memória, da história, mas da própria liberdade de Lula, em objetivo único, pouco importando os meios.
Quando veio a Lava Jato, FHC usou de toda sua influência para que Dilma caísse e Lula fosse preso. Perdeu! A prisão conferiu a Lula o componente trágico, épico que faltava para o coroamento de sua carreira política. Para se equiparar a Nelson Mandela faltava apenas o martírio da prisão política. Grandes políticos, juristas, intelectuais, cidadãos do mundo, viram Lula como preso político e vieram a Curitiba prestar suas homenagens.
FHC é suficientemente preparado para entender o suicídio de reputação que perpetrou. Essa é a sua tragédia pessoal. Não tem dimensão para os grandes gestos e, ao mesmo tempo, tem discernimento sobre os fatos que ajudam a construir a história de cada um. Como Salieri do filme, sabe identificar os lances de genialidade da pessoa invejada.
No fim de sua longa caminhada, não tem mais os conselhos sábios de Sérgio Motta e de Ruth Cardoso para interromper essa escalada temerária, não apenas o ponto final na sua biografia, a exposição crua de seu caráter, de seu descompromisso com o país, como o risco que traz para a democracia e para o próprio Brasil.
Cada vez mais, aos olhos do mundo, é reconhecido como o símbolo maior da inveja, um Salieri em relação a Mozart, Segóvia (sem a genialidade do mestre) em relação a Villa Lobos, superando os grandes invejosos brasileiros: Silvio Romero em relação a Machado de Assis, Carlos Guilherme Motta em relação a Sérgio Buarque.
Seu artigo de quinta-feira, equiparando a candidatura de Fernando Haddad à de Bolsonaro é a prova definitiva de seu caráter. É evidente que não foi um gesto de desespero para salvar a candidatura de Geraldo Alckmin, que jaz na tumba política, nem salvar o PSDB, que sempre foi um mero instrumento para o exercício do seu ego.
Tratar Haddad como candidato radical – secundado pelo inacreditável Merval Pereira - não é meramente fake news de período eleitoral. Depois das últimas manifestações de militares, é um petardo bidirecional que equipara ambos às vivandeiras dos quarteis de 1964.
O primeiro alvo é o 2º turno. A eleição será decidida pela taxa de rejeição dos candidatos. A intenção de ambos é aumentar a rejeição a Haddad, não agora, mas no 2º turno, quando enfrentar a besta.
O segundo alvo certamente é o estamento militar.
Vencendo Haddad, poderá vir na forma de um novo parlamentarismo, a exemplo do pacto que garantiu a posse de Jango. Ou simplesmente na ponta de baionetas. Ou alguém ainda acredita que o fundo do poço já foi alcançado? É nesse campo que FHC faz sua semeadura do mal.
Dias atrás, reuniram-se em São Paulo diversos intelectuais ativistas dos direitos humanos nos governos FHC e Lula. Combinaram uma visita a FHC para convencê-lo da necessidade imperiosa do grande pacto em defesa da democracia. O artigo de FHC comprovou a inutilidade da iniciativa.
As sementes da inveja
Em que pedaço da memória estão as sementes desse sentimento invencível que aprisionou FHC e poderá colocar em risco o futuro da democracia do Brasil?
Velhos militantes da campanha do Petróleo é Nosso, testemunhas do papel relevante dos generais Felicíssimo e Leônidas Cardoso, respectivamente tio e pai de FHC, me contaram lá atrás, antes que FHC ousasse voos políticos, da decepção do tio Felicíssimo com o sobrinho, visto por ele como muito ambicioso e desapegado das causas públicas. Seria o olhar de condenação do pai, do tio? Seria a constatação cruel de que, sem o amparo de uma familia ilustre, sem o estudo e as facilidades que o acompanharam, Lula foi o estadista que pai e tio cultuariam?
Dos psicanalistas ao homem comum, há o desafio permanente de decifrar a inveja. E se vê o retrato de FHC refletido no espelho de todas as definições sobre a inveja.
O poeta Miguel Unamuno chega a afirmar:
"A inveja é mil vezes mais terrível do que a fome, porque é fome espiritual".
Psicanalista estudiosa da inveja, Melanie Klein anotou a diferença entre a inveja e o impulso invejoso:
"Inveja é o sentimento raivoso de que outra pessoa possui e desfruta algo desejável – sendo o impulso invejoso o de tirar este algo ou de estragá-lo" .
Os psicanalistas dizem que a inveja é provocada pela pulsão de morte da própria pessoa. FHC caminha para o fim com o coração cada vez mais duro, como pão amanhecido. E valerá para ele a fábula de Klein:
Em certa ocasião, em que um homem extremamente invejoso de seu vizinho, recebe a visita de uma fada, que lhe dá a possibilidade de realizar um único desejo. Disse a fada ao homem: peça o que desejar, desde que seu vizinho receba em dobro. O invejoso em seguida responde: quero que lhe arranque um olho.
O olho arrancado de nação de FHC será Bolsonaro.

Eleito Bolsonaro, sobre os escombros do país FHC dará seu grito de vitória, de harpia impiedosa, apresentando o fim da democracia como desfecho da obra de Lula.

domingo, 16 de setembro de 2018

Eliminação de inimigos políticos é constante no país desde Independência

"Sem que ninguém pressentisse, puxou a faca [...], aproximou-se rapidamente e cravou a arma." Segundo testemunha, o ferido gritou: "'apunhalaram-me', ao que eu repliquei: 'mas não vejo sangue'".
Preso em flagrante, o agressor declarou agir de moto próprio. Veio a imprensa. Aturdidos, presidente da República e líderes partidários condenaram o ato. Houve quem dissesse que o cidadão exaltado, antes preso por idear ataque político, colhia o que plantara. Já aliados do agredido juraram vingança, um deles de revólver em punho. Tudo isso está no Jornal do Brasil, de 9 de setembro... de 1915.
Outra semelhança: o nome sugestivo do esfaqueador, que não era Bispo, mas (Francisco) Manço. Ambas as vítimas careciam de papas na língua, de pejo para honrar seus interesses com as armas e ambicionavam a Presidência.
O ferido do século passado era também militar, embora honorário. Escalara até general de brigada, lutando por suas crenças à baioneta, na guerra civil sob o governo de Floriano Peixoto. Não era deputado, mas senador.
Tratava-se de José Gomes Pinheiro Machado, que, quando da agressão, tinha um ano a mais que Jair Bolsonaro e menos sorte: morreu antes da chegada do socorro.
A similitude ultrapassa a coincidência, aponta um padrão. Neste país, a violência tem sido meio recorrente de resolução de conflitos políticos.
A eliminação física de desafetos nas disputas por poder é constante desde a instauração da nação independente. Em 1830, Líbero Badarópereceu por disparo de pistola.
Tiros, facadas e linchamentos, como o de abolicionistas, pontuam o falsamente pacato reinado de Pedro 2º. O próprio imperador escapou de bala republicana, em 15 de junho de 1889. Cinco meses depois, veio o golpe civil-militar, sem massacre, mas com chumbo no ministro da Marinha.
Milhares sucumbiram nas revoltas convergentes, uma republicana, outra monarquista, no segundo governo da República. Na última, o líder restauracionista Saldanha da Gama foi degolado e desmembrado. Pinheiro Machado seria preso em 1897, por ter sido cérebro do atentado ao presidente Prudente de Moraes, no qual se imolou o ministro da Guerra.
Em 1905, foi a vez do governador da Bahia levar dois projéteis de um desafeto político. Nos anos 1920, sequência de revoltas militares causou numerosas baixas. Em 1930, outro governador, o da Paraíba, foi assassinado.
Adiante, em 1954, o célebre atentado ao opositor Carlos Lacerda desencadeou a crise culminada no suicídio de Vargas. Outro antivarguista, o deputado Tenório Cavalcanti, gabava-se das 40 cicatrizes de golpes adversários, vingados com sua memorável espingarda, a "Lurdinha".
A violência política não amainou com o tempo. Meses antes do golpe de 1964, Arnon de Mello (pai do presidente impichado Collor) matou um senador como ele, no plenário.
Já no regime militar, violento por definição, o presidente Artur da Costa e Silva escapou de bomba no Recife, que vitimou duas pessoas. Isso foi em 1966.
Daí até a abertura em 1985, a sequência de desaparecimentos, prisões, torturas e execuções políticas exponenciou, como mostra o relatório da Comissão da Verdade.
Nos estertores da ditadura, aconteceu o atentado do Riocentro, violência política das piores, porque planejada para jogar a culpa no inimigo.
Os esperançosos quiçá imaginassem que a redemocratização dissiparia o sangue, mas ele seguiu escorrendo.
A Amazônia sediou muitos assassinatos políticos, dos que calaram o sindicalista Chico Mendes, em 1988, e 19 membros do MST em Eldorado dos Carajás, em 1996, à morte da líder do Movimento dos Atingidos por Barragens, em 2016, lançada, com pés e mãos amarrados a pedras, na hidrelétrica de Jirau.
Essa lista é longe de exaustiva e ultrapassa os rincões. As execuções de Celso Daniel e Marielle Franco aconteceram em metrópoles. De 2008 a 2018, foram 569 crimes políticos (segundo o Estadão de 18/3), excluídos os não letais, como os disparos na caravana de Lula. A facada em Bolsonaro não é exceção.
O Brasil é violento, por mais que se goste de dizer o contrário. Não foi a polarização recente que gerou o desejo de eliminar o adversário. A prática é longeva, fincada no nosso funcionamento político.
Assim, é preciso mais que apelos à paz, como os de candidatos nos últimos dias, para interromper nossa linhagem de crimes políticos. Identificar perpetradores é um começo. Os esfaqueadores de Pinheiro Machado e Bolsonaro foram imediatamente presos. Já quem atirou em Marielle todavia não se sabe.
Angela Alonso
Professora de sociologia da USP, preside o Centro Brasileiro de Análise e Planejamento. É autora de “Flores, Votos e Balas”.